ENCADRE-Le poids de la dette grecque

le
0

PARIS, 26 janvier (Reuters) - Alexis Tsipras, le dirigeant du parti de gauche Syriza, appelé à prendre la tête du nouveau gouvernement grec, a promis de mettre fin à cinq années d'austérité imposées par les créanciers internationaux de la Grèce. ID:nL6N0V514X Vous trouverez ci-dessous un état des lieux de la dette publique grecque: MONTANT A fin septembre 2014, la dette publique grecque atteignait 321,7 milliards d'euros et elle représentait 175% du produit intérieur brut (PIB) à fin 2013, selon les données de l'Agence grecque de la dette publique (PDMA). Depuis 2010 et la mise en place du programme d'ajustement de la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et BCE), la dette rapportée au produit intérieur brut (PIB) n'a cessé d'augmenter. Le stock de dette a certes diminué par rapport à 2010 avec l'échange de dette (PSI) conclu avec les créanciers privés en 2012 mais le PIB a chuté davantage encore. Le PIB grec en données courantes est ainsi passé de 237,42 milliards d'euros à fin 2009 à 178,8 milliards à la fin du troisième trimestre 2014. CRÉANCIERS La dette publique grecque est désormais détenue à plus de 80% par le "secteur officiel", c'est à dire les Etats de l'Union européenne au travers du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et des prêts bilatéraux, la Banque centrale européenne, les banques centrales nationales de la zone euro hors Bundesbank allemande et encore le Fonds monétaire international. Selon BNP Paribas, qui cite notamment des données du FESF et du FMI, la dette publique à long terme se répartit entre le FESF (141,8 milliards d'euros), les prêts bilatéraux (52,9 milliards), le Fonds monétaire international (32,1 milliards), les créanciers obligataires PSI (30 milliards), la BCE (27 milliards) et d'autres créanciers (35,1 milliards). Sur la base des seules créances du FESF et des prêts bilatéraux, l'Allemagne est le pays le plus exposé au risque souverain grec avec 56,5 milliards d'engagements, suivie par la France (42,4 milliards), l'Italie (37,3 milliards), l'Espagne (24,8 milliards). SERVICE DE LA DETTE Le PSI de 2012 a permis l'effacement d'un peu plus de 100 milliards d'euros d'obligations même si Athènes a dû par la suite recapitaliser son secteur bancaire à hauteur de 50 milliards d'euros. Il s'est aussi accompagné de fortes réductions de taux d'intérêt et d'un allongement substantiel des durées de remboursement. Le remboursement du capital de la dette ne doit commencer qu'en 2023 et s'achever en 2042. Les créanciers publics ont aussi consenti des aménagements de leurs créances, réduisant par deux fois le taux d'intérêt et allongeant les durées de remboursement. Depuis mars 2012, les profits (gain en capital et revenus d'intérêt) réalisés par la BCE et les banques centrales nationales sur leurs portefeuilles d'obligations grecques (27 milliards d'euros) sont reversés à l'Etat grec. La baisse des taux d'intérêt de la dette et le retour à la croissance de l'économie grecque l'an dernier ont permis à la Grèce de renouer avec un excédent primaire (le solde budgétaire hors charge de la dette) et un "écart critique" (écart entre le taux de croissance de l'économie et taux d'intérêt de la dette) positif. Pour 2015, la Commission européenne prévoit un taux de croissance nominale de 3,3% et un taux d'intérêt sur la dette de 2,4%. L'excédent primaire est attendu à 4,1% du PIB. Au final, le ratio d'endettement grec devrait baisser d'au moins six points cette année. Et la Commission s'attend à le voir ramené à 157,8% du PIB fin 2016. ÉCHÉANCES Athènes devra faire face au remboursement d'environ 4,5 milliards d'euros dus au Fonds monétaire international à la mi-mars puis à des échéances de 3,5 milliards d'euros en juillet et de 3,19 milliards en août au titre du SMP, l'un des programmes d'achats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE). Sources : * La dette grecque est-elle insoutenable ? Flash Recherche. BNP Paribas. 23 janvier 2015. Cette note est largement reprise dans la partie sur la soutenabilité de la dette grecque. * Greece. Geering up to the general election. Instant Insight. Barclays. 23 janvier 2015 * Greece. Bailout renegociation likely, OSI later but no Grexit. The Revolver. Macro Credit Research. RBS. 23 janvier. Cette note est en partie reprise dans la partie sur les risques de contagion. * Seven questions on Greece. Global Economics. Exane BNP Paribas. 14 janvier 2015 Voir aussi : Greek choices after the election. Par Zsolt Darvas. Bruegel. 23 janvier 2015. http://bit.ly/1yHuHfC (Marc Joanny, édité par Marc Angrand)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux