ENCADRE-Le parti des Grecs indépendants, allié de droite de Syriza

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par George Georgiopoulos et Angeliki Koutantou ATHENES, 26 janvier (Reuters) - Syriza a choisi lundi de s'allier avec une petite formation de la droite souverainiste, les Grecs indépendants, pour gouverner et mener bataille contre les programmes d'austérité imposés à la Grèce par ses créanciers internationaux. Car c'est bien le seul point commun qui relie les deux partis: leur hostilité aux mesures drastiques d'assainissement budgétaire que subit le pays depuis cinq ans en échange de milliards d'euros de prêts. Le parti d'Alexis Tsipras a remporté une victoire éclatante aux législatives de dimanche (36,3% des voix) mais raté de très peu la majorité absolue, à deux sièges près (149 sièges sur 300), ce qui l'a obligé à trouver un allié. Créé en 2012 à la suite d'une scission au sein de Nouvelle démocratie - la formation de droite du Premier ministre sortant Antonis Samaras -, le parti des Grecs indépendants a recueilli 4,75% des voix et obtenu 13 sièges de député. Mais la formation de Panos Kammenos diffère de Syriza sur nombre de sujets de société. Alexis Tsipras souhaite que les enfants d'immigrés acquièrent automatiquement la nationalité grecque quand Panos Kammenos préconise l'expulsion des clandestins et la mise en place de quotas d'immigration. Le nouveau Premier ministre a demandé à ne pas prêter serment sur la Bible quand le chef des Indépendants prône un rôle plus important de l'Eglise orthodoxe dans la vie politique. Décoré de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy pour son aide dans la lutte contre le terrorisme, Panos Kammenos, âgé de 49 ans et père de cinq enfants, a été longtemps membre de Nouvelle démocratie et ministre délégué au Transport maritime entre 2007 et 2009. "NOUS NE NOUS AGENOUILLERONS JAMAIS" C'est lui qui a engagé la vente d'une partie du port du Pirée à l'opérateur portuaire chinois Cosco mais en 2012, il a été exclu de Nouvelle démocratie avec 20 autres députés pour avoir refusé de voter des hausses d'impôts et des coupes dans les dépenses budgétaires. Ce geste l'a rendu populaire, il a fondé le parti des Grecs indépendants qui s'est immédiatement classé quatrième aux législatives de juin 2012. En décembre dernier, les douze élus de sa formation ont joué un rôle capital dans la convocation d'élections législatives anticipées en refusant de voter pour le candidat à la présidence présenté par Nouvelle démocratie. Pour Panos Kammenos, le plan de sauvetage octroyé par l'Union européenne, la BCE et le FMI a rabaissé la Grèce au rang de colonie. "Nous ne nous agenouillerons jamais comme des mendiants devant (Angela) Merkel, nous resterons debout", a-t-il dit vendredi dans son dernier meeting de campagne, appelant le peuple grec à se battre dans l'unité "pour rétablir la souveraineté et la dignité nationales". Une des publicités de campagne des Grecs indépendants mettait en scène Kammenos venant en aide à un jeune garçon prénommé Alexis et évitant que son train miniature ne déraille. C'est ce rôle que l'ancien ministre se voit bien jouer dans une association avec Syriza, un parti sans expérience gouvernementale. Une association dans laquelle les Grecs indépendants, dit-il, seraient les "garants de l'avenir". "Nous serons la soupape de sécurité de ce pays", assure-t-il. (avec James Mackenzie; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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