ENCADRE-Le pape appelle le monde à entendre la souffrance des enfants

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MANILLE, 18 janvier (Reuters) - Emu par les larmes d'une enfant abandonnée, le pape François, en visite aux Philippines, a exhorté dimanche le monde à prendre en compte les souffrances des millions d'enfants soumis à la pauvreté, à la faim et aux abus. Lors d'une rencontre avec la jeunesse organisée sur un campus catholique de Manille, le chef de l'Eglise catholique a été interpellé par une fille de douze ans, abandonnée par ses parents et recueillie par une association catholique. "De nombreux enfants sont abandonnés par leurs parents. Nombre d'entre eux deviennent des victimes et vivent de mauvaises choses, comme la drogue ou la prostitution. Pourquoi Dieu accepte-t-il de telles choses ? Pourquoi si peu de gens nous viennent-ils en aide ?", lui a demandé Glyzelle Iris Palomar, la voix brisée par les larmes. Le pape, qui l'a prise dans ses bras, est alors sorti du texte préparé de son intervention. Visiblement ému, il a déclaré que cette fille avait posé "la seule question pour laquelle il n'y a pas de réponse". "Et elle n'a pas pu l'exprimer par des mots, mais par des larmes", a-t-il poursuivi. "J'invite chacun d'entre vous à vous demander si vous avez appris à pleurer quand vous voyez un enfant affamé, un enfant des rues consommant de la drogue, un enfant sans abri, un enfant abandonné, abusé, un enfant dont la société se sert comme d'un esclave", a-t-il dit aux 30.000 jeunes venus l'entendre. D'après les Nations unies, les Philippines comptent 1,2 million d'enfants des rues. Notant qu'il y avait plus de garçons que de filles dans l'assistance, mais que c'était une petite fille qui avait ému toute l'assemblée, le pape a également appelé le monde à mieux écouter les femmes qui, a-t-il dit, "ont beaucoup de choses à nous dire dans notre société contemporaine". "Nous sommes parfois trop machistes et ne laissons pas de place aux femmes (...) Mais les femmes sont capables de voir les choses sous un angle diférent, avec un regard différent, et posent des questions que nous, les hommes, ne sommes pas capables de comprendre", a-t-il poursuivi. LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT, UN IMPÉRATIF Le pape François a également saisi l'occasion de cette rencontre avec la jeunesse pour aborder une nouvelle fois le thème de la protection de l'environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique. Dans un pays particulièrement exposé aux conséquences du changement climatique, il a établi un lien entre le respect de l'environnement et la dignité humaine. "En tant que gardiens de la création de Dieu, nous sommes appelés à faire de la Terre un beau jardin pour la famille humaine. Lorsque nous détruisons nos forêts, ravageons nos sols et polluons nos mers, nous trahissons cette noble vocation", a-t-il dit. C'est la deuxième fois en quatre jours, lors de ce voyage apostolique qui l'a mené au Sri Lanka avant les Philippines, que le pape François s'engage sur la question climatique. Dans l'avion qui le menait jeudi à Manille, il a déclaré aux journalistes l'accompagnant qu'il pensait l'homme principal responsable du changement climatique. "Je ne sais pas si tout est de sa faute, mais majoritairement, pour l'essentiel, c'est bien l'homme qui s'en prend continuellement à la nature", a-t-il dit. Le pape argentin a dit également qu'il espérait que la conférence mondiale sur le climat, prévue à la fin de l'année à Paris, prendrait une position courageuse pour protéger l'environnement. Il devrait d'ici là publier une encyclique sur l'écologie. "Nous devons voir avec les yeux de la foi la beauté du dessein de Dieu, le lien entre l'environnement et la dignité de la personne humaine", a-t-il dit à Manille. (Philip Pullella, Neil Jerome Morales et Karen Lema; Henri-Pierre André pour le service français)

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