ENCADRE-Le communiqué du G20, un revers pour Berlin

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 (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée dimanche) 
    BADEN BADEN, 19 mars (Reuters) - Les divergences apparues 
sur le commerce mondial à la réunion du G20 ce week-end 
constituent un risque pour la croissance de puissances 
exportatrices comme l'Allemagne, qui a subi en outre un revers 
diplomatique en tant que pays hôte, estiment des économistes 
dimanche. 
    Réunis pour deux jours à Baden Baden, les ministres des 
Finances et banquiers centraux du G20 ne sont pas parvenus à 
dégager une position commune sur le libre-échange, faute de 
soutien de la nouvelle administration américaine.  
    Au lieu de la formule habituelle appelant à résister à 
"toutes les formes de protectionnisme", le communiqué de samedi 
contient seulement l'engagement des participants à oeuvrer 
ensemble pour maintenir la contribution du commerce 
international à leur économie.  
    "La faible formulation sur le commerce constitue une défaite 
pour la présidence allemande du G20", a déclaré à Reuters 
Gabriel Felbermayr, économiste à l'institut Ifo. 
    "Cela est particulièrement vrai à la lumière du fait que 
l'Allemagne est l'une des principales nations exportatrices du 
monde et dépend comme pratiquement aucun autre pays de 
l'ouverture des marchés pour maintenir sa prospérité." 
    La consommation privée et les dépenses publiques sont 
devenues les principaux moteurs de la croissance allemande, mais 
l'export représente toujours 45% du produit intérieur brut de la 
première puissance d'Europe. 
    "L'absence de rejet du protectionnisme rompt clairement avec 
la tradition. Maintenant tout est possible", a ajouté Gabriel 
Felbermayr, citant pêle-mêle une montée des protectionnismes et 
un affaiblissement de l'organisation mondiale du Commerce (OMC). 
    L'Association allemande des chambres de commerce et 
d'industrie (DIHK) a de son côté évoqué un grave revers pour le 
commerce multilatéral. 
    "Cela a valeur d'avertissement pour tous les pays portés sur 
le commerce et donc aussi pour l'Allemagne", a dit Volker 
Treier, l'un de ses économistes. 
    "L'économie allemande doit s'adapter au fait que 'l'Amérique 
d'abord' signifiera une perte pour nous. Au lieu d'une situation 
gagnant-gagnant, on aura probablement une situation 
perdant-perdant", a-t-il dit à Reuters. 
    Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel a suggéré que 
l'Union européenne renforce ses liens économiques avec l'Asie si 
l'administration Trump confirmait son penchant isolationniste. 
    Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'est 
efforcé de relativiser les divergences au G20, affirmant que 
certaines délégations à Baden Baden n'avaient pas un mandat pour 
s'engager sur le sujet. 
    L'Allemagne a réussi toutefois à faire réapparaître 
certaines expressions favorables au libre-échange dans un 
document séparé également adopté samedi et qui énumère des 
recommandations aux gouvernements pour qu'ils renforcent la 
résilience de leurs économies face à des chocs futurs. 
    Un haut responsable du G20 a assuré que ces principes de 
résilience étaient probablement plus importants que le 
communiqué principal car la liste sera adoptée par les chefs 
d'Etat et de gouvernement lors de leur sommet de juillet à 
Hambourg, tandis que le communiqué de Baden Baden n'était qu'une 
"photographie d'aujourd'hui". 
    "La présidence allemande du G20 n'est pas finie. Il revient 
maintenant aux chefs d'Etat et de gouvernement d'envoyer un 
signal clair lors du sommet de Hambourg", confirme Volker Treier 
(DIHK). 
 
 (Michael Nienaber, Véronique Tison pour le service français) 
 
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