ENCADRE-La tuerie d'Orlando, effrayant rappel des discriminations anti-LGBT

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    par Jonathan Allen et Gina Cherelus 
    NEW YORK, 13 juin (Reuters) - Le massacre dans une boîte de 
nuit gay d'Orlando, où cinquante personnes au moins ont été 
tuées dans la nuit de samedi à dimanche par un homme ayant fait 
allégeance à l'organisation Etat islamique, est un rappel 
effrayant des discriminations dont sont toujours victimes les 
membres de la communauté LGBT. 
    Les motivations d'Omar Mateen, Américain de naissance 
d'origine afghane, l'auteur de la fusillade la plus meurtrière 
de l'histoire des Etats-Unis qui a été tué par les forces de 
l'ordre, restent indéterminées. L'homme, dans un appel à police 
secours, a fait allégeance à l'Etat islamique et l'organisation 
djihadiste a revendiqué son geste. Mais les enquêteurs 
américains doutent que Mateen ait été directement missionné par 
l'EI.   
    Le père du tueur a raconté à NBC News que son fils avait été 
ulcéré en voyant récemment deux hommes s'embrasser à Miami. 
    Plus qu'une boîte de nuit gay, le Pulse est un symbole du 
soutien à la communauté LGBT. Sa copropriétaire, Barbara Poma, 
l'a créé en 2004 en souvenir de son frère mort du sida treize 
ans plus tôt. Elle y organise régulièrement des soirées en 
défense de la reconnaissance des droits homosexuels, bisexuels 
et transsexuels. 
    Dans sa réaction à la tuerie, Barack Obama a souligné que le 
Pulse était "un lieu de solidarité et d'affirmation où des gens 
se réunissent pour sensibiliser, s'exprimer et militer en faveur 
de leurs libertés civiques". 
     
    "CETTE FOIS, NOUS AVONS LE SOUTIEN DU MONDE ENTIER" 
    Ces derniers mois, la cause homosexuelle a progressé aux 
Etats-Unis avec la reconnaissance par la Cour suprême du droit 
au mariage des couples de même sexe il y a pratiquement un an 
jour pour jour, le 26 juin 2015. Mais la décision a été 
accueillie dans la controverse. Le juge Antonin Scalla, mort 
depuis, avait dénoncé une "menace pour la démocratie 
américaine".   
    Un bras de fer juridique oppose par ailleurs le département 
américain de la Justice et la Caroline du Nord, qui a pris en 
mars une loi interdisant aux personnes transgenres d'utiliser 
les toilettes publiques ne correspondant pas au sexe qui leur a 
été assigné à la naissance. D'autres Etats, comme le Tennessee 
et le Missouri, envisagent des mesures similaires, tandis que le 
Mississippi a déjà fait de même. 
    "Un événement pareil remet au premier plan la haine qui 
existe" contre les LGBT, a noté Craig Baldwin, directeur de la 
Shakespeare Theater Company, en marge d'un rassemblement 
organisé dimanche à Washington dans le cadre du festival annuel 
de la Gay Pride. "C'est un rappel de ce que nous avons à faire 
pour répandre l'amour, et non la haine", a-t-il ajouté. 
    Pour Julia Sibbing, 53 ans, qui retient difficilement ses 
larmes tandis qu'elle parle d'Orlando, "il y a du risque dans 
notre vie mais nous ne laisserons pas la haine l'emporter". 
    La tuerie du Pulse est sans équivalent.  
    Et en dépit des batailles juridiques en cours, les plus 
jeunes membres de la communauté LGBT n'avaient jamais vécu une 
telle tragédie quand les plus anciens en revanche se souviennent 
des ravages du sida qui a tué des milliers de jeunes hommes 
homosexuels dans les années 1980, souvent dans la plus grande 
indifférence de l'opinion.  
    "Les jeunes membres de la communauté homosexuelle n'avaient 
jusqu'à présent jamais assisté à quelque chose d'aussi 
épouvantable pour la communauté que ce que les plus anciens ont 
vécu avec le VIH", souligne Raymond Michael Sharpe, 55 ans, 
barman dans un autre club gay d'Orlando. 
    "Mais cette fois, ajoute-t-il, nous avons le soutien du 
monde entier derrière nous, Dieu merci." 
 
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la tuerie d'Orlando: [ 
 
 (avec Barbara Liston à Orlando; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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