ENCADRE-La sécurité dans les trains en question après l'attaque du Thalys

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PARIS, 22 août (Reuters) - L'attaque vendredi dans un Thalys reliant Amsterdam à Paris par un homme soupçonné d'appartenir à la mouvance islamiste radicale a soulevé des interrogations samedi sur la sécurité dans les trains français et transfrontaliers. Sur Twitter, le député Les Républicains Dominique Bussereau a estimé que la sûreté à bord des trains pouvait être améliorée "par des mesures simples sur les bagages". Des contrôles également demandés par la sénatrice centriste Nathalie Goulet, présidente d'une commission d'enquête sur les réseaux djihadistes. Quant au Premier ministre belge, Charles Michel, il a proposé une réunion d'urgence entre les ministres des Transports et de l'Intérieur belges, français, allemands et néerlandais pour renforcer la sécurité dans les trains internationaux. Il a par ailleurs annoncé un accroissement immédiat des patrouilles de police à bord des Thalys. Mais si certains dispositifs peuvent être renforcés, "100% de précautions ne veut pas dire zéro risque", juge le député socialiste Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la loi sur le terrorisme votée en novembre dernier. "On est face à des gens qui s'adaptent à nos législations, à nos moyens de sécurité", a-t-il dit à Reuters. "Si on renforce nos moyens d'accueil dans les TGV, ils vont cibler les TER". Fin juin, c'est la sécurité des sites industriels sensibles classés Seveso qui avait été remise en question, après l'attentat contre l'usine Air Products de Saint-Quentin Fallavier (Isère), un événement qui aurait pu tourner à la catastrophe humaine et écologique. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait alors demandé aux préfets de renforcer leur surveillance. "LE TEMPS DE L'ÉMOTION" "Il est illusoire de croire qu'on pourra mettre des policiers ou des moyens humains supplémentaires dans toutes les gares et dans tous les trains", estime Sébastien Pietrasanta. Trois mille gares constituent le réseau ferroviaire du pays et cinq millions de Français empruntent chaque jour quelque 15.000 trains, a indiqué à Reuters Guillaume Pepy, président de la SNCF. La sécurité dans les grandes gares a par ailleurs déjà été renforcée, rappelle le gouvernement. Depuis les attentats djihadistes de janvier, 7.000 soldats sont chargés de surveiller les lieux sensibles en France dans le cadre de l'opération Sentinelle et le plan vigipirate a été relevé à son niveau maximum en Ile-de-France depuis janvier, avec des patrouilles fréquentes dans les gares et aérogares et davantage de contrôles d'identité. Sans annoncer de nouveau dispositif, le ministre français de l'Intérieur a adressé dans la nuit de vendredi à samedi un télégramme à tous les préfets de France pour leur "rappeler les principes de vigilance et de surveillance" nécessaires à l'abord des gares et dans l'ensemble des transports. "Il est trop tôt pour que des actions nouvelles crédibles soient mises en oeuvre", estime Guillaume Pepy au terme d'une journée d'échanges avec divers membres du gouvernement. "C'est le temps de l'émotion". La SNCF a toutefois décidé de créer un numéro vert qui sera actif le 1er septembre et qui permettra de signaler tout acte ou objet suspect, et d'augmenter la visibilité de tous les appels à la vigilance dans les gares et les trains, a-t-il indiqué à Reuters. "Ces appels ne sont pas suffisamment entendus". (Chine Labbé)

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