ENCADRE-La santé, priorité des électeurs donc des partis britanniques

le , mis à jour à 15:45
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LONDRES, 5 mai (Reuters) - Même s'il est régulièrement décrié par la presse, le National Health Service (NHS), le service public de santé du Royaume-Uni, bénéficie d'une popularité inébranlable et sa préservation est l'un des rares points communs entre les programmes conservateur et travailliste pour les élections de jeudi. Créé en 1948, le NHS soigne gratuitement près d'un million de personnes par jour et accompagne les Britanniques de la naissance à la vieillesse, avec plus de 1,6 million de salariés, ce qui en fait l'un des cinq plus gros employeurs du monde. Les deux grands partis politiques en ont fait un pilier de leur programme en promettant d'assurer son financement, rivalisant de promesses financières et de compliments sur sa qualité. "C'est l'oeuvre de ma vie", n'a pas hésité à dire le Premier ministre, David Cameron, à la télévision la semaine dernière en réponse aux critiques sur la gestion du NHS par son parti. Quarante-sept pour cent des électeurs britanniques affirment que le NHS sera le critère le plus important pour décider de leur vote jeudi, loin devant l'économie (35%), selon un sondage Ipsos Mori. Une hiérarchie inversée par rapport à 2010, lorsque les préoccupations économiques l'emportaient. "C'est un sujet clé", dit Gideon Skinner, directeur des études politiques d'Ipsos Mori. "Le NHS joue un rôle primordial dans le jugement de l'opinion publique sur ce que signifie être Britannique, et la fierté liée au NHS est très importante." Sur l'échiquier politique, la santé est un dossier sur lequel le Labour est historiquement plus à l'aise. D'où les efforts manifestes entrepris par David Cameron ces derniers mois pour apaiser les craintes d'une réduction des financements alloués au NHS et d'un recours accru au privé. Il s'est donc engagé à assurer l'intégralité des huit milliards de livres (10,9 milliards d'euros) dont aura besoin le NHS d'ici 2020 pour équilibrer ses comptes, sans toutefois préciser où il trouvera ces crédits. Le NHS prévoit en effet qu'au rythme actuel, ses dépenses annuelles augmenteront de 30 milliards de livres d'ici 2020 et il table sur 22 milliards d'économies, ce qui suppose des gains de productivité sans précédent dans un contexte de vieillissement de la population et de hausse des prix des traitements. Le Labour, lui, a promis de consacrer au NHS 2,5 milliards de plus que ce que prévoit le gouvernement sortant. La Grande-Bretagne a consacré 9% de son produit intérieur brut (PIB) à la santé en 2013, contre 12% pour la France et 17% pour les Etats-Unis selon l'Organisation mondiale de la santé. Un écart qui n'empêche pas l'efficacité: le pays s'est classé en tête de 11 économies avancées pour son efficacité dans une étude réalisée l'an dernier par le Commonwealth Fund, une fondation privée américaine spécialisée dans la santé. RENVOI Pour retrouver l'AVANT-PAPIER général sur les élections de jeudi, cliquer sur ID:nL5N0XW3C4 (Ben Hirschler; Marc Angrand pour le service français)

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