ENCADRE-La France propose un mécanisme élargi de surveillance d'une trêve en Syrie

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    par John Irish 
    NATIONS UNIES, 21 septembre (Reuters) - La diplomatie 
française a exposé mercredi au Conseil de sécurité des Nations 
unies les modalités d'un nouveau mécanisme de surveillance d'un 
futur cessez-le-feu en Syrie afin que la cessation des 
hostilités y soit "effective et durable". 
    "La priorité est d'obtenir que toutes les parties s'engagent 
en faveur de la cessation des hostilités", a déclaré le chef de 
la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, soulignant la 
"conviction de la France" que seule une mobilisation collective 
serait à même de garantir un cessez-le-feu. 
    La proposition, que Reuters s'est procurée, a été remise aux 
autres membres du Conseil de sécurité. L'objectif est de "créer 
les conditions pour que la cessation des hostilités soit 
effective et durable". 
    "Pour cela, il faut mettre en place un mécanisme de 
surveillance plus robuste que le précédent." 
    Ce mécanisme impliquerait non plus seulement les Etats-Unis 
et la Russie, mais tous les pays membres du Groupe international 
de soutien à la Syrie (GISS) qui mettraient en place "un groupe 
d'experts en remplacement de la task-force existante". 
    "Ce groupe (...) serait chargé de collecter l'ensemble des 
éléments rassemblés sur les violations de la trêve, y compris 
les observations du renseignement national (ndlr, syrien) et de 
la société civile (notamment les casques blancs)", peut-on lire. 
    Afin de garantir son indépendance, la France propose que le 
groupe soit présidé par un représentant du secrétariat général 
des Nations unies sous la responsabilité duquel "serait préparé 
un rapport hebdomadaire destiné au GISS sur les violations de la 
trêve". 
    L'accord de cessation des hostilités entré en vigueur la 
semaine dernière sous le parrainage des Etats-Unis et de la 
Russie a volé en éclats lundi, et les combats font à nouveau 
rage autour d'Alep et d'Hama, principaux fronts de la guerre 
civile syrienne, où des raids aériens ont fait une douzaine de 
morts, dont quatre membres du personnel médical.   
    Pendant les sept jours durant lesquels il était censé 
s'appliquer, les parties au conflit se sont mutuellement 
accusées d'avoir violé leurs engagements. 
    Une précédente tentative de "cessation des hostilités", en 
février, qui avait permis l'ouverture à Genève de négociations 
indirectes entre le régime de Bachar al Assad et l'opposition, 
avait pareillement échoué. 
    "Cette trêve est morte. Il faut tout faire pour qu'elle 
vive", a déclaré Jean-Marc Ayrault, qui a déploré "l'entêtement" 
du régime syrien dans "sa fuite en avant militaire",  
    Mardi, à l'issue d'une réunion sur la Syrie à New York, il 
avait estimé que les négociations russo-américaines avaient 
"atteint leurs limites" et que la supervision d'une nouvelle 
trêve ne pourrait pas être assurée seulement par les Etats-Unis 
et la Russie. 
    Les pays du GISS se réuniront vendredi. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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