ENCADRE-La formation théologique des imams en question

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STRASBOURG, 17 mars (Reuters) - La question de la formation théologique des cadres religieux musulmans reste entière en France, l'Etat n'ayant pas le droit de s'y immiscer, en vertu de la loi de 1905. A l'université de Strasbourg, où le droit local, hérité sur ce point du droit allemand, l'autorise, il existe des facultés de théologie catholique et protestante ainsi qu'un département d'études hébraïques. Mais "rien de comparable pour l'islam", souligne Francis Messner, auteur d'un rapport sur la formation des imams. L'hypothèse de la création d'une faculté de théologie musulmane au sein de l'université de Strasbourg, souhaitée par certains milieux musulmans et universitaires, lui semble pourtant exclue, un doute subsistant sur la constitutionnalité d'une telle évolution. "Il conviendrait d'encourager les établissements d'enseignement privé supérieur de théologie musulmane", affirme-t-il en revanche, rappelant que l'offre est essentiellement proposée aujourd'hui par trois instituts. "L'idéal serait des établissements qui soient portés par des équipes issues de l'islam de France." Des équipes aujourd'hui virtuellement impossibles à former. En 2011, l'Union des affaires culturelles turco-islamiques, émanation du gouvernement turc qui supervise 250 lieux de cultes en France, a tenté de lancer une Faculté libre de théologie musulmane à Strasbourg. Trois ans plus tard, elle a provisoirement fermé ses portes et envoyé ses étudiants à Istanbul, en butte à plusieurs obstacles, parmi lesquels le recrutement de formateurs. "En France, nous n'avons pas assez d'enseignants francophones maîtrisant les sciences islamiques", souligne Murat Ercan, coordinateur de projets au sein de l'Union. (Gilbert Reilhac, édité par Chine Labbé)

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