ENCADRE-La destitution de Rousseff ouvre une crise diplomatique régionale

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    BRASILIA, 1er septembre (Reuters) - La destitution de Dilma 
Rousseff votée mercredi par les sénateurs brésiliens a affecté 
les relations diplomatiques entre le plus grand pays 
sud-américain et les gouvernements de gauche du Venezuela, de 
l'Equateur et de la Bolivie. 
    Dénonçant un "coup d'Etat", Caracas, Quito et La Paz ont 
rappelé leurs ambassadeurs en poste à Brasilia en guise de 
protestation; le Brésil a répliqué en prenant la même décision. 
    Les sénateurs brésiliens se sont prononcés par 61 voix 
contre 20 en faveur de la destitution de la présidente Dilma 
Rousseff, jugée pour avoir enfreint les règles budgétaires et 
maquillé les comptes publics pour dissimuler l'ampleur du 
déficit budgétaire et favoriser sa réélection, en 2014. 
  
    La déchéance de Rousseff, qui avait succédé en 2010 à 
Ignacio Lula da Silva, devenant la première femme élue à la 
présidence du Brésil, met fin à treize années de pouvoir exercé 
par le Parti des travailleurs (PT), une formation qui 
entretenait de bonnes relations avec le Venezuela, la Bolivie et 
l'Equateur, fers de lance de la gauche radicale sud-américaine.  
    Pour Caracas, la destitution de Dilma Rousseff est le 
produit d'un projet impliquant les Etats-Unis. 
    "Ce coup d'Etat ne vise pas simplement Dilma. Il vise 
l'Amérique latine et les Caraïbes. Il nous vise. C'est une 
attaque contre le mouvement populaire progressiste de gauche", a 
réagi le président vénézuélien Nicolas Maduro dans une 
intervention télévisée.  
    A Brasilia, le ministre brésilien des Affaires étrangères, 
Jose Serra, a défendu la constitutionnalité de la destitution de 
la présidente, suspendue depuis le mois de mai et remplacée à 
titre intérimaire par son vice-président, Michel Temer, qui a 
été investi et a prêté serment mercredi dans la foulée du vote 
des sénateurs. 
    Serra a parallèlement estimé que "le gouvernement 
vénézuélien n'a pas le statut moral pour parler de démocratie, 
puisqu'il n'est pas un régime démocratique".  
 
 (Alonso Soto et Lisandra Paraguassu; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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