ENCADRE-La défense antimissile en question après l'essai nord-coréen

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    par Greg Torode 
    HONG KONG, 6 janvier (Reuters) - L'essai nucléaire 
nord-coréen devrait donner de nouveaux arguments aux partisans 
d'un renforcement de la défense antimissile au Japon et en Corée 
du Sud, en dépit de l'opposition farouche de la Chine.  
    La Corée du Nord dit avoir testé mercredi avec succès une 
bombe à hydrogène miniaturisée, ce qui augmenterait sensiblement 
sa puissance de frappe si l'information est confirmée, même si 
beaucoup doutent de la véracité des affirmations du régime de 
Kim Jong Un.   
    En avril dernier, de hauts responsables américains s'étaient 
déclarés convaincus que Pyongyang avait atteint la capacité de 
miniaturiser une ogive et de la placer sur un missile 
balistique, concrétisant une nouvelle menace pour les Etats-Unis 
et leurs alliés japonais et sud-coréen. 
    Mais, prévient Zhang Baohui, expert en sécurité nucléaire à 
l'université Lingnan de Hong Kong, "la Chine sera très sensible 
à toute initiative du Japon ou de la Corée du Sud visant à 
améliorer les défenses antimissiles".  
    "La Corée du Nord sera peut-être la raison publiquement 
invoquée, mais les stratèges chinois la verront comme un geste 
visant à limiter la capacité de dissuasion nucléaire de la 
Chine", poursuit le chercheur.  
    Pékin est particulièrement attentif au projet de bouclier 
antimissiles balistiques de haute altitude (THAAD, Terminal High 
Altitude Area Defense) que le Pentagone souhaiterait voir adopté 
par la Corée du Sud.  
    Le THAAD comprend notamment des batteries de missiles 
capables d'abattre des missiles balistiques de très longue 
portée, que Pyongyang n'a pas encore testés mais qui pourraient 
par exemple toucher la côte Ouest des Etats-Unis.  
    Séoul, dont le premier partenaire commercial est la Chine, a 
pour l'instant son propre système de défense antimissile, moins 
sophistiqué que celui proposé par les Etats-Unis mais 
indépendant des forces américaines.  
    Le gouvernement sud-coréen a jusqu'ici évité l'ouverture de 
discussions formelles sur le système THAAD, dont les radars 
peuvent pister plusieurs missiles balistiques à une distance de 
plus de 2.000 km, donc potentiellement très loin en territoire 
chinois.  
    Le Japon paraît intéressé par un futur système THAAD, non 
par crainte de la Corée du Nord, mais plutôt de la 
militarisation croissante de la Chine, dit-on de sources proches 
de la défense.  
    Tokyo examine aussi la possibilité de se doter de la version 
terrestre du système de défense antimissile Aegis, qu'elle 
utilise déjà sur ses bâtiments en mer du Japon.  
    Le gouvernement japonais pourrait également améliorer sa 
capacité de défense en déployant de nouveaux missiles 
intercepteurs développés en collaboration avec les Etats-Unis.  
     
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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