ENCADRE-La crise migratoire, premier chantier d'Alexis Tsipras

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par Jeremy Gaunt et Michele Kambas ATHENES, 21 septembre (Reuters) - Fort de sa réélection dimanche, Alexis Tsipras devrait réclamer dès cette semaine à l'Europe une plus grande solidarité envers la Grèce dans la crise migratoire que son pays subit de plein fouet. "Quand la Méditerranée se transforme en cimetière liquide, que la mer Egée rejette des cadavres d'enfants, c'est l'idée primordiale d'une Europe unie qui est en crise, tout comme la culture européenne", a déclaré le Premier ministre grec lors d'un meeting de campagne la semaine dernière. Alexis Tsipras regrettait déjà l'absence de solidarité européenne lorsque la Grèce s'est vue imposer de sévères plans d'austérité en échange de son renflouement financier. Mais comme lors de la crise de la dette, le chef du parti de gauche Syriza sera sans doute contraint de trouver un juste équilibre entre ses critiques de la désunion européenne et le besoin d'obtenir une aide pour son pays, porte d'entrée pour les candidats à l'asile dans l'Union européenne. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, sur les 430.000 réfugiés ayant effectué la traversée de la Méditerranée cette année, 309.000 ont débarqué en Grèce. La plupart de ces réfugiés désirant gagner l'Europe arrivent dans les îles grecques en provenance de Turquie, rejoignent Athènes dans des bateaux affrétés par les autorités, avant de prendre la direction du nord-ouest et des Balkans. Le gouvernement grec a reçu une aide de 33 millions d'euros début septembre pour faire face à cet afflux massif mais Nicos Christodoulakis, ministre sortant de l'Economie, estime les besoins financiers du pays à 400 millions d'euros. Le premier rendez-vous international d'Alexis Tsipras depuis sa réélection aura lieu mercredi à Bruxelles, lors du sommet européen consacré à la crise migratoire. Le Premier ministre grec devrait à nouveau s'allier à l'Italie, autre pays de "première ligne", pour réclamer que le bloc se répartisse l'accueil de centaines de milliers de migrants. "Les Etats membres (doivent) prendre et partager leurs responsabilités. C'est là qu'est le point de rupture", résume un haut responsable de Syriza. Athènes devra également faire face aux critiques des autres pays européens, qui lui reprochent de laisser passer les migrants sans enregistrer leurs demandes d'asile, comme le prévoit la réglementation communautaire. "Il est absolument inacceptable de voir la Grèce vider ses camps de réfugiés et envoyer des gens vers la Croatie via la Macédoine et la Serbie", a déclaré lundi le ministre croate de l'Intérieur, Ranko Ostojic. ID:nL5N11R1UO Mais la Grèce, au bord de la faillite, est mal équipée pour affronter une telle situation. Les îles les plus exposées à l'afflux de réfugiés, comme Lesbos, sont aujourd'hui débordées par le nombre des arrivants. Le POINT sur l'Europe en quête d'unité face à l'arrivée de réfugiés ID:nL5N11B061 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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