ENCADRE-La crise des migrants en chiffres

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LONDRES, 8 septembre (Reuters) - L'arrivée cette année d'un grand nombre de migrants et réfugiés en Europe, en particulier durant l'été, cristallise les divisions au sein du Bloc des Vingt-Huit, partagé entre élans de compassion et poussées de xénophobie. UN AFFLUX PAS SI "MASSIF" Si l'on regarde le nombre des entrées de demandeurs d'asile dans l'Union européenne, qu'on le compare à d'autres régions du monde confrontées à de vastes exodes de réfugiés, cet afflux n'est pas si "massif" que veulent le laisser croire certains responsables politiques. Selon l'agence européenne de contrôle des frontières Frontex, près de 340.000 personnes sont arrivées aux frontières de l'UE au cours des sept premiers mois de l'année. L'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) anticipe pour l'ensemble de l'année quelque 400.000 arrivées de personnes par la Méditerranée. ID:nL5N11E24F Il faudrait encore multiplier ce nombre par 12 ou 13 pour atteindre quelque 1% de la population totale de l'UE, qui compte plus de 500 millions d'habitants. Par comparaison, la Turquie, le Liban et la Jordanie abritent à eux seul près de 4 millions de réfugiés syriens. Le Liban en héberge 1,1 million, soit le quart de sa population. La Turquie en accueille près de 2 millions, et la Jordanie 630.000. Le monde compte au total environ 19,5 millions de réfugiés, selon le HCR, dont la moitié viennent de trois pays, Syrie, Afghanistan et Somalie. LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT EN PREMIÈRE LIGNE Derrière la Turquie, qui compte le plus grand nombre de réfugiés au monde, on trouve le Pakistan (1,5 million), le Liban, déjà cité, l'Iran (près de 1 million), l'Ethiopie (660.000 environ) et la Jordanie. Les pays en développement abritent la majeure partie des réfugiés dans le monde (86%) et près de 6 millions de réfugiés sont installés dans des pays dont le revenu moyen annuel est inférieur à 4.500 euros, selon le HCR. "Ce n'est pas une urgence en termes de chiffres", commente Flavio Di Giacomo, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), à propos de la crise migratoire en Europe. "C'est une urgence en raison de la manière dont ces gens sont contraints d'arriver en Europe, en mettant leur vie entre les mains de trafiquants et en risquant leur vie en traversant la mer, ou en marchant à travers les Balkans." Plus de 2.700 personnes sont mortes en tentant cette année la traversée de la Méditerranée, la majorité des décès survenant entre la Libye et l'Italie. Une centaine de décès ont été recensés lors de la traversée plus courte entre la Turquie et la Grèce. RÉPARTITION INÉGALE Si le flot de migrants en provenance de Libye est relativement stable selon l'OIM, le nombre de migrants et réfugiés arrivant en Grèce s'est considérablement accru, passant de 34.000 pour l'ensemble de l'année 2014 à plus de 250.000 depuis le début 2015. La plupart d'entre eux sont originaires de Syrie et prennent ensuite la route de la Hongrie, puis de l'Autriche et de l'Allemagne, qui a accueilli près de 30.000 réfugiés au cours des derniers jours. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker propose que 120.000 réfugiés soient répartis entre pays membres de l'UE en plus des 40.000 que l'exécutif européen avait déjà proposé de relocaliser en mai dernier. La Commission européenne a établi un nouveau système de quotas contraignants pour l'accueil des réfugiés, en vertu duquel l'Allemagne accueillera plus de 40.000 demandeurs d'asile et la France 30.000 sur un total de 160.000 demandeurs venus d'Italie, de Grèce et de Hongrie. ID:nL5N11D1QM (Alex Whiting, avec Swaha Pattanaik; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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