ENCADRE-La communication numérique de Clinton au crible des experts

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SAN FRANCISCO, 13 avril (Reuters) - L'entrée en campagne d'Hillary Clinton pour l'investiture démocrate à l'élection présidentielle de 2016 aux Etats-Unis a été saluée par des spécialistes de la communication politique, dont certains estiment cependant que sa stratégie d'utilisation des médias sociaux aurait pu être plus efficace. En douze heures, le message par lequel l'ex-secrétaire d'Etat a officialisé dimanche sur Twitter sa candidature a été retweeté près de 94.000 fois et sa vidéo de campagne frôle les deux millions de vues sur la plate-forme YouTube. Sur Facebook, la page de sa campagne en est à plus de 600.000 "likes". Cette première vidéo de campagne, d'une durée de 2'18", met en scène des Américains moyens à des moments clefs de leur existence, comme l'arrivée d'un enfant ou la création d'une entreprise. Hillary Clinton elle-même y apparaît au total pendant 90 secondes. "C'est moins de 'moi je' et plus de 'nous', ce que je trouve très habile", note Marissa Gluck, directrice de la société Huge, spécialisée dans le marketing. Josh Cook, ancien directeur des stratégies numériques de Barack Obama aujourd'hui vice-président de BerlinRosen, une firme de consultants politiques, met en avant "la grande différence de ton, d'ego et de professionnalisme" entre cette entrée en campagne et les messages par lesquels les républicains Ted Cruz et Rand Paul ont officialisé leur entrée dans la campagne des primaires. Mais les républicains n'ont pas tardé à répliqué sur les mêmes supports. Les équipes de Ted Cruz ont mis en ligne une vidéo montée à la hâte dans laquelle le sénateur du Texas demande aux Américains s'ils veulent vraiment d'un "troisième mandat Obama". Une pétition "Pledge to Stop Hillary" a été lancée tandis que sur Twitter, les mots-clefs (hashtag) #whyimnotvotingforHillary (pourquoi je ne vote pas Hillary) ont rapidement connu le succès. Gretchen Fox, co-fondatrice de l'agence de stratégie sur les médias sociaux mto , estime qu'en faisant peu d'effort pour contrer ces attaques, l'équipe de campagne de la grandissime favorite à l'investiture démocrate a commis une erreur. LE LOGO FAIT PARLER Fondateur de l'agence de marketing Guru Media, Jared Levy, un autre ancien de la campagne d'Obama sur les réseaux sociaux, juge pour sa part que l'entrée en lice de Clinton a manqué d'éclat. Hillary Clinton, dit-il, a laissé passer "une énorme occasion de se doter d'une campagne organisée (sur les médias sociaux) avec des partisans et des avocats influents à même de rallier" les internautes. Cette absence de relais organisés n'est toutefois pas un handicap aux yeux de Michael Cornfield, politologue à la George Washington University de Washington DC, qui note que l'important, pour Hillary Clinton, personnalité à la très forte notoriété, n'est pas tant de rechercher la reconnaissance via les réseaux sociaux que de diffuser un message distinctif et de tester l'efficacité des mots clefs, des thèmes et des images de son discours de campagne. De façon plus anecdotique, le logo de sa campagne - un H bleu barré d'une flèche horizontale rouge - est rapidement devenu la cible de détournements et de commentaires ironiques. Certains internaute l'ont comparé à un panneau de signalisation routière indiquant la direction d'un hôpital quand d'autres déploraient que la flèche soit orientée vers la droite, et non vers la gauche. Le symbole de campagne de Clinton possède aussi des similitudes avec d'autres logos. Sur son compte officiel Twitter, qui compte plus de 2,5 millions d'abonnés, l'organisation WikiLeaks a mis en parallèle le logo de Clinton et le sien, où figure aussi une flèche rouge. "Hillary Clinton a volé le concept de notre logo sur Twitter", écrit-elle. L'utilisation de la flèche renvoie aussi au symbole de la compagnie de transport FedEx, où une flèche apparaît entre les deux dernières lettres. RENVOI Pour retrouver la dépêche sur l'entrée en lice d'Hillary Clinton: ID:nL5N0X90SQ Pour une ANALYSE sur la riposte des républicains: ID:nL5N0XA02A (Sarah McBride et Robin Respaut avec Emily Flitter à New York; Henri-Pierre André pour le service français)

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