ENCADRE-L'économie, première préoccupation des Israéliens

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par Steven Scheer JERUSALEM, 16 mars (Reuters) - Les questions économiques et sociales ont dominé le debat des élections législatives, prévues mardi en Israël, reléguant au second plan les habituels thèmes sécuritaires que le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu a pourtant placés au coeur de sa campagne. Les enquêtes d'opinion montrent que la moitié des Israéliens estiment que les questions sociales et le coût de la vie, plus élevé qu'en Europe occidentale ou aux Etats-Unis, constituent des priorités auxquelles le parti victorieux mardi devra s'attaquer rapidement. A l'inverse, moins de 30% des personnes interrogées citent les menaces sécuritaires pesant sur Israël comme leur préoccupation principale. L'Union sioniste, constituée par le Parti travailliste d'Isaac Herzog et le parti centriste Hatnua de Tzipi Livni, est donnée favorite pour cette élection avec une poignée de sièges d'avance sur le Likoud de Netanyahu. La formation de centre gauche, qui a promis de prendre des mesures d'allégement économique, n'envisage pas d'avoir recours à une hausse de dépenses publiques. "C'est une stratégie du siècle dernier", a commenté Manuel Trajtenberg qui pourrait hériter du portefeuille des Finances dans un futur gouvernement de gauche. "Nous devons être extrêmement prudents avec le déficit (budgétaire)", a-t-il ajouté. Comme dans nombre de pays européens, l'inflation israélienne est quasiment nulle, l'indice des prix à la consommation ayant augmenté de 0,5% sur la période de janvier 2014 à janvier 2015. Toutefois, les chiffres de la banque centrale israélienne montrent que pour 2013 les prix des produits de première nécessité étaient 12% plus élevés que dans la moyenne des pays de l'OCDE tandis que le salaire moyen était inférieur de 10.000 dollars. STABILITÉ BUDGÉTAIRE Depuis 2007, les prix de l'immobilier ont doublé, rendant impossible une accession à la priorité pour de nombreux jeunes Israéliens tandis que les loyers se mettaient, eux, à flamber. Au cours de l'été 2011, des dizaines de milliers de manifestants étaient descendus dans les rues pour protester contre la hausse du prix du fromage blanc, une des denrées de base. Netanyahu, tout en axant sa campagne sur la menace constituée par le programme nucléaire iranien, a entendu les préoccupations de ses concitoyens. Il a promis de supprimer la TVA à 18% sur les produits alimentaires de base, a commencé à autoriser des importations pour stimuler la concurrence dans ce dommaine et fait adopter une loi limitant les monopoles. Le projet de budget du gouvernement sortant pour 2015 a fixé le déficit à 3,4% du PIB contre 2,8% l'an passé, une hausse qui s'explique principalement par l'accroissement des dépenses de défense. Ce montant devrait être de 3,6% en 2016, selon l'estimation d'Elliot Hentov, directeur des évaluations de la dette souveraine chez Standard & Poor. Lorsqu'il était devenu ministre des Finances en 2003, Netanyahu avait ouvert Israël à l'économie de marché, faisant de l'entreprise privée le moteur de la croissance économique israélienne qui reste l'une des plus élevées du monde occidental. Malgré ces progrès, les adversaires du Premier ministre sortant font valoir que cette prospérité n'a pas profité à toutes les familles israéliennes. Trajtenberg, qui est favorable à un budget restreint de la défense, a présenté un plan de sept milliards de shekel (1,7 milliard de dollars) en faveur de l'éducation et de la santé à partir de 2016. "Peu importe qui formera la prochaine coalition, les données macro-économiques de base, comme la discipline budgétaire, ne changeront pas", a commenté Joseph Bachar, président de l'Israel Discount Bank, l'une des trois principales institutions bancaires du pays. (Pierre Sérisier pour le service français)

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