ENCADRE-"Jihadi John": la fin d'une traque de plusieurs mois

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par Phil Stewart et Mark Hosenball WASHINGTON, 13 novembre (Reuters) - La décision de tirer les deux missiles qui ont apparemment tué le djihadiste britannique Mohamed Emwazi, surnommé "Jihadi John", a été prise en quelques secondes, mais la traque du bourreau du groupe Etat islamique en Syrie a duré plusieurs mois. Peu avant minuit, jeudi, trois drones MQ-9 Reaper -- deux Américains et un Britannique -- survolaient Rakka, le fief du groupe djihadiste dans le nord de la Syrie, lorsque les pilotes les contrôlant à distance ont repéré deux hommes qui montaient dans une voiture, ont raconté à Reuters des responsables américains. Ils ont identifié avec certitude l'un de ces deux hommes comme étant Mohamed Emwazi, un Britannique d'origine koweïtienne qui avait saisi le monde d'effroi en décapitant, en août 2014, le journaliste américain James Foley, puis en présidant au meurtre d'autres otages mis en scène sur des vidéos. Les deux missiles Hellfire qui ont, semble-t-il, mis fin au parcours sanglant du responsable de la propagande de l'EI n'ont pas été tirés par hasard, ou par un coup de chance, mais après des mois d'une traque menée par les services de renseignement américains et britanniques, ont dit les responsables. Pendant les jours précédant sa mort, Mohamed Emwazi avait été localisé à Rakka, où il était allé voir sa femme et s'était rendu dans un bureau de la propagande de l'EI, a précisé un responsable sous le sceau de l'anonymat. Les pilotes de drones ont alors été placés en état d'alerte et lorsque le djihadiste britannique est monté dans la voiture, l'ordre de tir a aussitôt été donné. UN INDICATEUR AU SOL ? Vendredi, les Etats-Unis se sont dits convaincus que "Jihadi John" avait terminé sa carrière sanglante, même si en l'absence de corps il faudra du temps pour le confirmer formellement. "Nous sommes sûrs à 100% que l'homme que nous avons ciblé est mort. Et nous sommes à peu près sûrs que cet homme était Jihadi John", a déclaré un responsable américain. Les Etats-Unis ont déployé de gros moyens technologiques dans le ciel syrien, des satellites aux drones, en passant par les intercepteurs de communications, mais une telle opération a sans doute impliqué des sources de renseignement sur le terrain, souligne un ancien responsable américain. "Il y avait forcément quelqu'un au sol", estime-t-il. Des responsables turcs ont par ailleurs fait savoir vendredi qu'un complice présumé de Mohamed Emwazi avait été appréhendé à Istanbul. Il s'agirait d'Aine Lesley Davis, un islamiste britannique qui aurait été assigné à la garde de prisonniers étrangers en Syrie. ID:nL8N1380AK Les éliminations ciblées de djihadistes britanniques se sont multipliées ces derniers mois, dont celle de Junaid Hussain, considéré comme l'un des meilleurs informaticiens du groupe au mois d'août. Selon un militant du groupe "Rakka est massacrée en silence", qui dénonce les exactions des djihadistes dans la ville, Mohamed Emwazi a été tué à 23h40 non loin du quartier général de l'EI, sur un des sites utilisés par les islamistes pour leurs exécutions publiques. Au moins 14 autres frappes ont visé la ville entre 23h51 et minuit, a précisé le groupe sur son compte Twitter. (Tangi Salaün pour le service français)

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