ENCADRE-France-Scénarios pour l'après-Montebourg à Bercy

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PARIS, 25 août (Reuters) - Trois scénarios sont possibles pour les ministères économiques et financiers lors du remaniement gouvernemental de mardi, provoqué par les critiques du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, contre la politique économique de l'exécutif. * SAPIN PREND TOUT : L'expérience tentée en scindant ministères des Finances et de l'Economie prend fin et la totalité est confiée à Michel Sapin, ami de long date de François Hollande et fidèle parmi les fidèles du chef de l'Etat. Cette solution ne choquerait personne : la France est habituée à avoir un chef à Bercy, épaulé par des secrétaires d'Etat ou des ministres délégués. Elle mettrait fin à une expérience à l'allemande. En Allemagne, le ministre des Finances domine la scène, flanqué d'un ministre de l'Economie plus discret. Dissocier Finances et Economie pouvait se justifier pour donner un poste prestigieux à Arnaud Montebourg, qui complétait le spectre idéologique d'un gouvernement à dominante social-démocrate, et tirer profit de l'expérience acquise par ce dernier lors de son passage au ministère de l'Industrie, baptisé à son instigation ministère "du Redressement productif". L'économie française étant largement dépendante des effets de contraction provoquée par la maîtrise des finances publiques et le relèvement des prélèvements obligatoires ces dernières années, séparer le ministère des Finances, chargé de ces sujets, du ministère de l'Economie peut sembler artificiel, d'autant que les directions de Bercy qui supervisent ces questions étaient largement partagées entre Michel Sapin et Arnaud Montebourg. * MONTEBOURG REMPLACÉ POSTE À POSTE : Le remaniement prend la forme d'un simple changement poste à poste, avec le remplacement d'Arnaud Montebourg à l'Economie et la confirmation de Michel Sapin aux Finances. La difficulté tiendrait dans ce cas à la personnalité du remplaçant car le seul socialiste ayant occupé ce poste depuis la victoire de François Hollande en 2012 est Pierre Moscovici, en partance pour la Commission européenne. Les importantes tensions qui traversent le tissu productif, avec des faillites d'entreprises en cascade, un fort ressentiment envers l'exécutif malgré la baisse du coût du travail déjà mis en oeuvre (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) ou à venir (Pacte de responsabilité) rendent la tâche compliquée pour un nouveau venu, dont la ligne serait de toute façon totalement fixée à l'Elysée et à Matignon. * ON CHANGE TOUT : Michel Sapin s'en va en même temps qu'Arnaud Montebourg et le ou les ministères sont confiés à des nouvelles personnalités. Michel Sapin a cependant encore montré à Bercy sa fidélité au chef de l'Etat, et la composition de son cabinet mêle une bonne connaissance de l'appareil de Bercy et des instruments macroéconomiques ainsi que du contexte européen, capitale au moment où la santé de l'économie français dépend largement d'une reprise économique très espérée en zone euro et où la France devra à nouveau obtenir un délai pour revenir à la limite européenne de 3% du PIB. (Jean-Baptiste Vey, édité par Sophie Louet)

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