ENCADRE-France-Les candidats à la primaire de la droite et du centre

le , mis à jour à 21:25
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    par Simon Carraud 
    PARIS, 8 mars (Reuters) - Dix candidats, tous membres du 
parti Les Républicains, ont pour l'heure annoncé leur intention 
de briguer l'investiture de la droite et du centre en vue de la 
présidentielle de 2017. 
    La liste des postulants à la primaire des 20 et 27 novembre 
n'est pas définitive: l'ancien président Nicolas Sarkozy 
entretient le suspense et les centristes de l'UDI se décideront 
d'ici la fin mars sur leur possible participation. L'ancienne 
ministre Michèle Alliot-Marie (LR) songe aussi à se lancer. 
    Les candidats des Républicains ont jusqu'au 9 septembre pour 
réunir les parrainages requis - 250 élus, dont au moins 20 
parlementaires, répartis sur au moins 30 départements et 2.500 
militants -, un seuil que tous ne parviendront probablement pas 
à franchir. 
    Les éventuels candidats issus d'autres partis ne sont pas 
soumis aux mêmes conditions. 
    Voici les dix candidats déclarés, classés par ordre 
alphabétique: 
          
    JEAN-FRANÇOIS COPÉ, 51 ans, député de Seine-et-Marne 
    Le maire de Meaux, qui n'a jamais fait mystère de ses 
ambitions présidentielles, a annoncé sa candidature le 14 
février après un an et demi de silence médiatique. 
    Contraint à la démission de la présidence de l'ex-UMP en mai 
2014 à la suite de l'affaire Bygmalion, un système présumé de 
fausses facturations destinées à masquer un dérapage supposé des 
dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, il a puisé dans 
un tour de France les ressorts du "Sursaut français", titre d'un 
livre-programme paru en janvier. 
    Maintenant que son horizon judiciaire s'est dégagé, le défi 
consiste pour lui à réparer les dégâts causés sur son image par 
cette affaire et par la guerre avec François Fillon pour la 
présidence de l'ex-UMP, en 2012. 
     
    FRANÇOIS FILLON, 62 ans, député de Paris 
    Pour l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, la 
campagne des primaires ressemble à un marathon, entamé au 
printemps 2013. 
    Premier sur la ligne de départ, François Fillon n'a jamais 
réussi à prendre la tête dans les sondages, où il plafonne 
actuellement à environ 10%, pas plus qu'il n'est parvenu à 
convertir le succès de son livre "Faire", paru en 2015.  
    Il dispose en revanche d'un solide réseau d'élus et d'une 
image d'homme d'expérience.     
     
    HASSEN HAMOU, 27 ans, militant 
    Ce jeune militant marseillais n'a jamais occupé de fonction 
politique nationale, contrairement aux autres candidats 
déclarés. 
    Sa principale apparition médiatique remonte à novembre 2014, 
dans l'émission de TF1 "Face aux Français", durant laquelle il a 
interrogé François Hollande. "J'aimerais aller jusqu'au bout 
mais si c'est impossible, je devrais faire un choix", a-t-il  
déclaré. 
     
    ALAIN JUPPÉ, 70 ans, maire de Bordeaux 
    L'ancien Premier ministre fait figure de favori depuis sa 
déclaration de candidature à l'été 2014. 
    Depuis deux ans, il a méthodiquement construit sa 
candidature, avec la publication d'ouvrages programmatiques, 
deux déjà publiés consacrés à l'éducation et aux sujets 
régaliens, et un sur l'économie, à paraître au printemps. 
    Le doyen de la primaire assume un positionnement proche du 
centre, qui lui permet de bénéficier du soutien de Jean-Pierre 
Raffarin, rallié à sa candidature le mois dernier, et de celui 
plus inattendu de l'écologiste Daniel Cohn-Bendit. 
    L'héritier de Jacques Chirac a ainsi peaufiné une image 
d'homme de consensus, un peu plus de vingt ans après les grandes 
grèves de 1995 durant lesquelles, alors chef du gouvernement, il 
s'était montré "droit dans (ses) bottes".   
    Jusqu'à présent, tous les sondages lui sont largement 
favorables: il obtient des scores proches de 50% dans les 
sondages réalisés en vue de la primaire et il arriverait en tête 
du premier tour de la présidentielle, devant Marine Le Pen. 
               
    NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET, 42 ans, députée de l'Essonne 
    La benjamine des candidats, officiellement entrée en 
campagne mardi soir, cultive son profil atypique au sein des 
Républicains, celui d'une centriste, ambitieuse et rétive aux 
consignes de partis. 
    Ministre de l'Ecologie sous Nicolas Sarkozy puis 
porte-parole du président-candidat en 2012, elle a par la suite 
pris ses distances avec l'ex-chef de l'Etat, lui reprochant une 
campagne trop droitière. 
    La rupture s'est encore aggravée au lendemain des régionales 
de décembre, lorsque Nicolas Sarkozy a exclu de la direction des 
Républicains son ancienne protégée, coupable à ses yeux d'avoir 
trop bruyamment dénoncé la stratégie de son camp - elle s'était 
élevée contre le "ni-ni" consistant pour la droite à ne pas 
choisir entre la gauche et le Front national. 
    Cette ex-candidate à la mairie de Paris, battue par Anne 
Hidalgo en 2014, souffre pour l'instant de deux handicaps: son 
faible ancrage parmi les élus, indispensable dans la quête des 
parrainages requis, et des sondages peu flatteurs - moins de 5%. 
     
    FRÉDÉRIC LEFEBVRE, 52 ans, député des Français de l'étranger 
    Fervent sarkozyste lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir, 
l'ancien secrétaire d'Etat s'est depuis 2012 converti aux vertus 
du dialogue transpartisan, un positionnement qui ne lui a pas 
permis de franchir la barre de 1% dans les sondages. 
     
    BRUNO LE MAIRE, 46 ans, député de l'Eure 
    Cet énarque passé par le cabinet de Dominique de Villepin à 
Matignon et le ministère de l'Agriculture se présente 
aujourd'hui comme un homme neuf, capable de perturber le jeu 
entre candidats d'"ancien régime" et de transgresser les codes 
établis. 
    Par ses prises de position, il oscille entre le centre - il 
s'est abstenu lors du vote à l'Assemblée sur le mariage 
homosexuel  - et la droite de son parti - il plaide pour 
l'expulsion des ressortissants étrangers visés par une fiche S.  
       
    L'outsider de l'élection à la présidence de l'ex-UMP de 2014 
(29,18% des voix face à Nicolas Sarkozy) est désormais au 
coude-à-coude avec François Fillon pour le statut de troisième 
homme de la primaire, derrière Alain Juppé et l'ex-chef de 
l'Etat. 
     
    HERVÉ MARITON, 57 ans, député de la Drôme 
    Les chances d'Hervé Mariton, connu notamment pour avoir 
ferraillé à l'Assemblée nationale contre le mariage homosexuel, 
sont pour l'instant minces compte tenu des sondages, qui le 
créditent d'environ 1%, voire moins. 
     
    NADINE MORANO, 52 ans, députée européenne 
    Ex-sarkozyste convaincue, elle est entrée en dissidence 
après la polémique créée par ses propos sur la France, un pays 
de "race blanche" selon elle, qui lui ont coûté son investiture 
pour les régionales de décembre dernier. 
    Elle peine à dépasser le seuil de 1% d'intentions de vote. 
     
    JEAN-FRÉDÉRIC POISSON, 53 ans, député des Yvelines 
    Les sondages le créditent de moins de 1% des intentions de 
vote. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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