ENCADRE-France-Le gouvernement prêt à amender la loi El Khomri

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    PARIS, 23 février (Reuters) - Le gouvernement est prêt à 
lâcher du lest sur le projet de réforme du marché du travail qui 
sera présenté le 9 mars au conseil des ministres pour s'assurer 
de son vote au Parlement et faire taire les critiques des 
syndicats réformistes. 
    Ce texte porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, 
et dévoilé la semaine dernière, a été accueilli par une salve de 
critiques des syndicats et d'une partie de la gauche, qui le 
jugent trop favorable aux entreprises au détriment des salariés. 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, a assuré mardi qu'il 
irait "jusqu'au bout" de ce qui sera probablement la dernière 
grande réforme du quinquennat.   
    Mais cette détermination paraît déjà quelque peu écornée, à 
en juger par les propos de plusieurs ministres ou d'autres 
sources gouvernementales, qui s'abritent d'abord derrière le 
Conseil d'Etat, auquel le texte a été soumis.  
    Prié de dire si ce projet de loi pourrait être modifié d'ici 
le 9 mars, un membre du gouvernement a répondu à Reuters : "Bien 
entendu, sinon ce n'est pas la peine d'avoir le Conseil d'Etat." 
    Myriam El Khomri a pour sa part déclaré mardi, en marge 
d'une visite dans le Val-de-Marne, à Rungis, qu'il ne s'agissait 
encore que d'un "avant-projet de loi" dont la version consolidée 
ne serait connue que le 9 mars. 
    "La loi n'a pas encore été présentée en conseil des 
ministres", a-t-elle expliqué à des journalistes. "Je suis 
ouverte au dialogue, j'entends, il y a des questions qui sont 
légitimes, auxquelles il faut tout à fait répondre." 
    Son homologue des Finances, qui l'accompagnait à Rungis, est 
allé plus loin en affirmant que ce texte "n'existait pas" tant 
qu'il n'avait pas été présenté en conseil des ministres : "Comme 
 il  n'existe pas,  il  peut bouger", a dit Michel Sapin. 
    "Donc il faut éviter la confusion ; il faut ensuite se 
polariser sur les quelques sujets qui sont (...) aujourd'hui les 
plus délicats et les plus difficiles", a-t-il ajouté. "Il faut 
sur ces sujets-là écouter les organisations syndicales." 
    Selon une source gouvernementale, deux points du projet de 
loi doivent évoluer pour convaincre la CFDT, principal syndicat 
réformiste, de le soutenir. 
    Il s'agit du plafonnement des indemnités prud'homales pour 
licenciement abusif et de la définition des causes pouvant 
justifier des licenciements économiques, deux dispositions 
souhaitées par le patronat mais unanimement rejetées par les 
syndicats, qui se retrouvaient mardi soir au siège de la CGT. 
 
 (Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • michevey il y a 10 mois

    Comme d'habitude, 1 pas en avant et deux en arrière..!!!!!!