ENCADRE-France 2017-Fillon oppose son audace à la "frilosité" de Juppé

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    par Catherine Lagrange 
    CHASSIEU, Rhône, 22 novembre (Reuters) - François Fillon, 
favori pour l'investiture présidentielle à droite, a appelé 
mardi soir ses partisans à "mettre le turbo" pour l'emporter au 
second tour, opposant le réalisme de son programme à la 
frilosité présumée d'Alain Juppé, son adversaire. 
    Pour son premier meeting de l'entre-deux-tours, devant 
quelque 6.000 personnes, François Fillon s'était entouré du 
sarkozyste Laurent Wauquiez, président par intérim des 
Républicains, et de Bruno Le Maire, défait au premier tour avec 
moins de 3%, pour "amplifier" sa dynamique dans un département 
qui a voté à 48,6% en sa faveur au premier tour. 
    "Rien n'était joué avant le 20 novembre, et rien n'est 
encore joué. (...) Dans le dernier sprint, il faut mettre le 
turbo", a-t-il lancé. 
    "Nous avons gagné la première manche, mais je ne me laisse 
pas emporter par les vivats et les pronostics d'un microcosme 
qui m'enterrait il y a deux mois", a-t-il dit en présence, fait 
inédit, de nombreux journalistes étrangers venus observer le 
"phénomène" Fillon. 
    Au soir d'une journée marquée par une salve d'attaques 
d'Alain Juppé et de ses soutiens sur le programme économique et 
sociétal du député de Paris, François Fillon a évité toute 
riposte ad hominem, s'en prenant à la prudence présumée des 
propositions économiques de son rival. 
    "Il trouve mon projet trop risqué ? Mais si on ne prend pas 
tous les risques maintenant, quand est ce qu'on les prendra ? », 
a-t-il lancé. 
    "Réduire les emplois publics de 8% en cinq ans et passer le 
temps de travail des fonctionnaires à 39 heures par semaine 
serait trop brutal ? » a-t-il poursuivi. « Si on ne veut rien 
faire pour éviter la faillite, alors, il faut rester chez soi » 
a-t-il déclaré. 
     
    HOMMAGE À SARKOZY 
    Sur le front diplomatique aussi, François Fillon a marqué sa 
différence. 
    "Il va nous falloir faire face à une guerre mondiale 
provoquée par les totalitarismes comparables au nazisme et il va 
nous falloir beaucoup d'efforts et beaucoup d'alliés, et parmi 
ces alliés, la Russie", a-t-il dit. "Moi j'utiliserai tous les 
moyens et je prendrai tous les pays volontaires pour abattre 
l'Etat islamique". 
    "Loin de moi l'idée de ne pas dialoguer avec Vladimir 
Poutine, mais pas dans la complaisance et pas dans le béni 
oui-oui", avait asséné auparavant Alain Juppé sur BFM TV. 
    "Je ne veux pas basculer dans des alliances contre nature : 
quand j'entends François Fillon dire qu'il faut s'allier à 
l'Iran, je voudrais rappeler que l'Iran c'est le Hezbollah au 
Liban, une organisation terroriste qui veut éradiquer Israël de 
la carte du Proche-Orient", avait-il ajouté. 
    Laurent Wauquiez a souhaité que François Fillon « débarrasse 
la France de François Hollande" et Bruno Le Maire, qui avait 
souvent critiqué durant la campagne l'ancien Premier ministre 
comme une figure de "l'Ancien Régime", a appelé de ses voeux son 
élection à la présidence en 2017. 
    François Fillon a rendu hommage à son premier soutien, 
Nicolas Sarkozy, éliminé au premier tour, qui, malgré des 
désaccords et des inimitiés, votera en sa faveur dimanche au 
second tour. 
    "Avec Nicolas Sarkozy, nous sommes différents, mais nous 
avons formé un tandem parmi les plus efficaces de la Ve 
République et sa présidence fut tellement plus audacieuse que 
celle de François Hollande", a-t-il dit sous des 
applaudissements nourris. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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  • franck8 il y a 2 semaines

    Le tandem Fillon-Sarkozy, mais oui !