ENCADRE-France-1er couac dans la stratégie de rassemblement du PS

le , mis à jour à 22:42
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POITIERS, Vienne, 6 juin (Reuters) - Les contestataires du Parti socialiste ont infligé samedi un premier couac à la stratégie de rassemblement de son N°1 Jean-Christophe Cambadélis, en refusant de se joindre à "l'adresse aux Français" qui doit couronner dimanche le 77e congrès du PS. Les négociations entre la direction du PS et les chefs de file de l'aile gauche du parti et de ses élus "frondeurs", poursuivies jusqu'à samedi soir en marge du congrès, ont échoué, ont reconnu les deux camps. "Nos demandes n'ont pas été prise en compte", a dit à Reuters le député Laurent Baumel. "Pour qu'on signe cette adresse, il fallait qu'elle reprenne au minimum les demandes d'inflexion de la politique gouvernementale communes à nos motions respectives. Ça nous est refusé." Les "frondeurs" souhaitaient notamment que soient repris dans ce texte les propositions d'une baisse du taux de CSG et de réorientation des 15 milliards d'euros de baisse de charges des entreprises encore prévus au titre du pacte de responsabilité. Laissés sur leur faim par l'intervention du Premier ministre Manuel Valls devant le congrès ID:nL5N0YS0BC , ils demandaient aussi que le mécontentement des Français face à la politique économique actuelle soit reconnu, ce qu'ils n'ont pas obtenu. "Nous ne nous associerons pas à un rassemblement factice", a ajouté Laurent Baumel, pour qui la direction du PS "n'est déjà plus en phase avec sa propre motion", à laquelle la maire de Lille, Martine Aubry, s'est notamment ralliée. Cette "motion A", défendue par Jean-Christophe Cambadélis et soutenue par le gouvernement, a obtenu 60% des suffrages des militants du PS le 21 mai, contre 28,5% pour la "motion B" de l'aile gauche et des frondeurs. Le premier secrétaire du PS, reconduit dans ses fonctions avec 70% des suffrages le 28 mai, entendait faire de cette "adresse au peuple de France" un symbole du rassemblement du parti dans la perspective des élections régionales de décembre 2015 et de la présidentielle de 2017. Le porte-parole du PS Carlos Da Silva a regretté l'attitude des contestataires. "Ils voulaient s'adresser au gouvernement, ça n'est plus le sujet", a-t-il expliqué à Reuters. "L'amertume individuelle de quelques-uns ne doit pas gâcher l'envie de rassemblement de la famille socialiste. Il faut savoir accepter le verdict des urnes et tourner la page." (Emmanuel Jarry)

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