ENCADRE-Coopération franco-américaine accrue après les attentats

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* Frappe française "massive" près de Rakka * Opération menée en coopération avec Washington * Les Américains ont ouvert "leurs livres" par Marine Pennetier PARIS, 16 novembre (Reuters) - Le partage de renseignements entre la France et les Etats-Unis sur les positions de l'Etat islamique en Syrie s'est accru après les attentats de vendredi, permettant à la France de mener un bombardement "massif" dimanche soir contre des positions djihadistes à Rakka. "Les Américains ouvrent beaucoup plus leurs 'livres' qui nous permettent d'aller plus fort et plus vite sur les dossiers d'objectifs", indique-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense. "On a pu faire une frappe massive parce que nous avions des objectifs qui légitimaient l'emploi de forces massives". A 19H50 et 20H25 dimanche, dix avions de chasse français ont détruit un poste de commandement et un centre d'entraînement, près de Rakka, bastion des djihadistes, 48 heures après la série coordonnée d'attaques à Paris revendiquées par l'Etat islamique. "Cette opération s'est faite en coopération avec les Etats-Unis mais sur des objectifs qui nous étaient propres", a précisé lundi Jean-Yves Le Drian, à la presse à Paris. Engagée dans la lutte contre l'Etat islamique en Irak depuis septembre 2014, la France n'est entrée militairement dans le théâtre syrien qu'en septembre dernier, plus d'un an après ses alliés américains. Au total, quelque 700 militaires français sont engagés dans le cadre de l'opération Chammal qui mobilise douze avions de chasse, un avion de patrouille maritime et une frégate anti-aérienne. Le porte-avions Charles de Gaulle quitter la France jeudi à son bord 24 avions de chasse pour la Méditerranée orientale, d'où il participera aux frappes contre l'EI. Comparé au nombre de frappes russes ou américaines, le nombre de frappes françaises en Syrie était jusqu'à présent assez faible mais la donne pourrait changer après l'électrochoc des attentats de vendredi. RÔLE STRATÉGIQUE DES AMERICAINS Le chef de l'Etat François Hollande a déclaré lundi que la France intensifierait ses opérations en Syrie. Et pour y parvenir, l'aide des Américains est essentielle, dit-on à Paris. "Comme vous le savez depuis septembre, nous multiplions les missions au-dessus de la Syrie nous permettant d'accumuler de l'information, plus les jours passeront plus nous disposerons de manière autonome d'un renseignement de qualité", souligne-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense. "Mais parlons clair, ce n'est pas suffisant pour pouvoir mener une campagne d'ampleur, pour aller vers une intensification des frappes", ajoute-t-on. "C'est là où intervient de manière stratégique le rôle des Américains qui n'ont jamais cessé d'accumuler ce renseignement." Tout au long du week-end, plusieurs responsables américains se sont dits prêts à aider la France de "quelque manière que ce soit" dans sa lutte contre le terrorisme. Le conseiller national adjoint américain à la Sécurité Ben Rhodes a indiqué dimanche que les frappes aériennes allaient être intensifiées contre les positions de l'Etat islamique. "Il y a une volonté de coopérer, c'est ce qu'Ashton Carter (le secrétaire d'Etat américain à la Défense) a dit à plusieurs reprises à Jean-Yves Le Drian depuis 48h, en clair d'ouvrir les livres, les bases de données qui permettent de constituer des dossiers d'objectifs véritablement intéressants", souligne-t-on à la Défense. Les renseignements américains devraient notamment permettre à la France d'avoir accès à des éléments précis permettant d'affiner leurs dossiers d'objectifs, constitués depuis septembre dernier. Pas question pour autant de "frapper tous azimuts" ni de brader l'autonomie décisionnelle de la France. Au-delà des attentats de vendredi, l'envoi du porte-avions français aurait été perçu par les Américains comme un signe fort de la volonté de la France d'intensifier ses frappes en Syrie et ouvert la voie à un renforcement de la coopération. Fin octobre, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi de 50 membres des forces spéciales en Syrie, une option qui n'est pas écartée par la France. "Tout est ouvert, les décisions ne sont pas prises", indique-t-on au ministère de la Défense. "Toute la coopération possible avec les Américains est ouverte évidemment mais pas de présence au sol". (Edité par Yves Clarisse)

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