ENCADRE-Après le Brexit, à qui le tour ?

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    PARIS, 24 juin (Reuters) - Nexit, Frexit, Italeave: dans la 
foulée de la victoire des partisans du Brexit au Royaume-Uni, 
les partis eurosceptiques d'Europe qui militent de longue date 
pour la tenue de référendums nationaux n'ont pas laissé passer 
l'occasion qui leur était donnée vendredi de réaffirmer leurs 
revendications. 
     
    Aux PAYS-BAS, Geert Wilders, chef de file de l'extrême 
droite actuellement favorite des élections législatives prévues 
en mars prochain, a réclamé la tenue d'un référendum sur 
l'appartenance à l'Union européenne. 
    "Je félicite le peuple britannique pour avoir battu les 
élites politiques tant à Londres qu'à Bruxelles et je pense que 
nous pouvons faire de même", a-t-il dit dans une interview 
accordée à Reuters en marge d'un déplacement en Hongrie. 
    "Les Néerlandais aimeraient eux aussi avoir à nouveau la 
responsabilité de leur propre budget, de leurs frontières 
nationales et de leur politique migratoire: nous devrions avoir 
aussi vite que possible un référendum sur un 'Nexit'", a-t-il 
ajouté. 
    La tenue de ce référendum sera l'axe central de la campagne 
législative de son Parti pour la liberté (PVV), eurosceptique, 
anti-immigration et islamophobe, pour l'heure en tête des 
intentions de vote. 
     
    En FRANCE, où elle a mis un drapeau britannique en photo de 
profil de son compte Twitter, Marine Le Pen a renouvelé son 
appel à suivre l'exemple britannique. "Ce référendum sur 
l'appartenance de la France à l'Union européenne est une 
nécessité démocratique. Les Français doivent pouvoir choisir eux 
aussi cette voie de la liberté qui rendra à la France sa pleine 
et entière souveraineté", a-t-elle dit. "Le Royaume-Uni vient 
d'initier un mouvement qui ne s'arrêtera pas."  
    La jurisprudence britannique permet à l'extrême droite de 
trancher plus nettement ses débats internes sur l'UE et de faire 
apparaître un "Frexit" comme un horizon possible.   
    "C'est une bonne affaire pour Marine Le Pen parce que l'un 
des freins au vote FN, c'est la question européenne. Pour les 
cadres, les personnes âgées, c'est un saut dans l'inconnu avec 
la fin de l'euro", diagnostique Frédéric Dabi, directeur adjoint 
de l'Ifop. "Mais le vote au Royaume-Uni, c'est un précédent."  
     
    Fort de ses succès aux élections municipales en ITALIE où il 
a remporté notamment les mairies de Rome et de Turin, le 
Mouvement 5 Etoiles réclame un vote "consultatif" sur l'euro (la 
constitution italienne ne permet pas de modifier les traités 
internationaux par référendum). 
    La Ligue du Nord, parti de la droite radicale, veut pour sa 
part un référendum sur l'appartenance à l'UE. "Merci à la 
Grande-Bretagne, maintenant, à notre tour !", a lancé le chef du 
parti, Matteo Salvini. 
     
    En AUTRICHE, le Parti de la liberté (FPÖ) a exigé la 
démission de Jean-Claude Juncker et de Martin Schulz, les 
présidents de la Commission européenne et du Parlement européen, 
et indiqué que lui aussi pourrait réclamer la tenue d'un 
référendum si l'Union n'est pas réformée. 
    Le FPÖ, dont le candidat à la présidence a échoué in 
extremis le mois dernier, avait convié la semaine dernière à 
Vienne l'extrême droite européenne pour lancer un "Printemps des 
patriotes". 
    "Nous voulons adresser un signal avec ce Printemps 
patriotique: après un long hiver politique dans l'Union 
européenne, nous voulons que l'Europe s'épanouisse à nouveau", 
avait alors déclaré le président du FPÖ, Heinz-Christian 
Strache. 
     
    Au DANEMARK, en SUÈDE, des appels similaires ont été lancés 
à l'annonce de la victoire du camp du "Out" au Royaume-Uni. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur le référendum:    
    ENCADRE Menaces sur l'unité du Royaume-Uni après le Brexit 
  
    Les RÉACTIONS internationales:   
    Les RÉACTIONS au Royaume-Uni:   
    Les RÉACTIONS en France:   
 
 (avec Marton Dunai à Budapest, Simon Carraud à Paris, Gavin 
Jones à Rome et Kirsti Knolle à Vienne; Henri-Pierre André pour 
le service français, édité par Nicolas Delame) 
 
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