ENCADRE-Al Mourabitoune, le groupe de Belmokhtar, resurgit à Bamako

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par Matthew Mpoke Bigg ACCRA, 20 novembre (Reuters) - Le groupe armé Al Mourabitoune, dirigé par le djihadiste Mokhtar Belmokhtar, donné mort plusieurs fois, a revendiqué vendredi l'attaque contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako. ID:nL8N13F3B8 Né en 1972 en Algérie, Mokhtar Belmokhtar est depuis des années une des figures clés de l'insurrection djihadiste en Afrique du Nord et dans la région du Sahara. Il a revendiqué, sous diverses appellations, de nombreux attentats dont la prise d'otages sur le complexe gazier algérien d'In Amenas en janvier 2013 (40 morts). La dernière annonce de sa mort remonte à juin dernier. Les autorités libyennes ont dit qu'il avait été tué lors d'une frappe aérienne des Etats-Unis. ID:nL5N0Z00WQ Plusieurs groupes djihadistes ont ensuite démenti sa mort et notamment Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) le 19 juin. Son groupe, Al Mourabitoune, a d'ailleurs revendiqué l'attaque contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako comme une opération menée en coordination avec Aqmi. Après avoir été formé en Afghanistan où il est gravement blessé à l'oeil droit, d'où son surnom de "le Borgne", Mokhtar Belmokhtar a participé à la guerre civile en Algérie dans les années 90. Au fil des ans, il est devenu une figure de la contrebande, du trafic d'armes et des insurrections dans la région et notamment au Mali. Longtemps associé à l'ancien GSPC algérien (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), qui a prêté allégeance à Al Qaïda en janvier 2007 pour devenir Aqmi, Mokhtar Belmokhtar a créé son propre groupe à l'hiver 2012-2013, "Ceux qui signent par le sang", tout en restant lié à Al Qaïda. Les "signataires par le sang" ont revendiqué l'attaque d'In Amenas. Mokhtar Belmokhtar a ensuite créé Al Mourabitoune mi-2013 en fusionnant les "Signataires par le sang" avec le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). En mars dernier, Al Mourabitoune a revendiqué l'attaque d'un restaurant de Bamako prisé des ressortissants étrangers, qui a coûté la vie à cinq personnes, dont un Français. ID:nL5N0W903K Le même groupe s'est attribué la responsabilité de l'attaque sanglante menée en août contre un hôtel de Sévaré, à quelque 600 kilomètres au nord-est de la capitale, qui a fait 17 morts. Mais le plus grand coup d'éclat de Mokhtar Belmokhtar remonte à 2012 quand ses hommes et ceux d'Aqmi se sont alliés pour s'emparer, avec la rébellion touareg, des régions du nord du Mali avant de fondre sur Bamako, ce qui a motivé le déclenchement de l'opération Serval de l'armée française en janvier 2013, peu de temps avant la prise d'otages d'In Amenas. (Avec Ed Cropley à Johannesburg; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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