ENCADRE ACTUALISE-Coopération franco-américaine accrue après les attentats

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* Frappe française "massive" près de Rakka * Opération menée en coopération avec Washington * Les Américains ont ouvert "leurs livres" * Obama veut "simplifier" le partage de renseignements (Actualisé avec Obama, Pentagone, § 5 à 9) par Marine Pennetier PARIS, 16 novembre (Reuters) - Le partage de renseignements entre la France et les Etats-Unis sur les positions de l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie s'est accru après les attentats de vendredi, permettant à la France de mener un bombardement "massif" dimanche soir contre des positions djihadistes à Rakka. "Les Américains ouvrent beaucoup plus leurs 'livres' qui nous permettent d'aller plus fort et plus vite sur les dossiers d'objectifs", indique-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense. "On a pu faire une frappe massive parce que nous avions des objectifs qui légitimaient l'emploi de forces massives." A 19h50 et 20h25 dimanche, dix avions de chasse français ont détruit un poste de commandement et un centre d'entraînement, près de Rakka, bastion des djihadistes dans le nord-est de la Syrie, 48 heures après la série coordonnée d'attaques à Paris revendiquées par l'EI. "Cette opération s'est faite en coopération avec les Etats-Unis mais sur des objectifs qui nous étaient propres", a précisé lundi Jean-Yves Le Drian, à la presse à Paris. A Washington, le Pentagone a confirmé que l'administration américaine avait décidé de faciliter le partage d'informations et de renseignements avec la France. "A la suite des attentats en France, nous soutenons avec force et fermeté notre plus vieil allié, et c'est pourquoi les Etats-Unis et la France ont décidé de renforcer le partage de renseignements", a déclaré Peter Cook, le porte-parole du département de la Défense, dans un communiqué diffusé lundi. Ashton Carter, secrétaire américain à la Défense, et James Clapper, le directeur du renseignement national (DNI), ont donné de nouvelles instructions en ce sens, a ajouté le Pentagone. De Turquie, où il participait au sommet du G20, Barack Obama a annoncé pour sa part une "simplification du processus de partage du renseignement et des informations opérationnelles militaires avec la France". "Cela permettra à nos services de transmettre encore plus rapidement et plus fréquemment à nos partenaires français des informations relatives à des menaces, y compris de l'EI", a-t-il ajouté. RÔLE STRATÉGIQUE DES AMÉRICAINS Engagée dans la lutte contre l'Etat islamique en Irak depuis septembre 2014, la France n'est entrée militairement sur le théâtre syrien qu'en septembre dernier, plus d'un an après ses alliés américains. Au total, quelque 700 militaires français sont engagés dans le cadre de l'opération Chammal qui mobilise douze avions de chasse, un avion de patrouille maritime et une frégate anti-aérienne. Le porte-avions Charles-de-Gaulle quittera la France jeudi avec à son bord 24 avions de chasse pour la Méditerranée orientale, d'où il participera aux frappes contre l'EI. Comparé au nombre de frappes russes ou américaines, le nombre de frappes françaises en Syrie était jusqu'à présent assez faible mais la donne pourrait changer après l'électrochoc des attentats de vendredi. François Hollande a déclaré lundi que la France intensifierait ses opérations en Syrie. Et pour y parvenir, l'aide des Américains est essentielle, dit-on à Paris. "Comme vous le savez depuis septembre, nous multiplions les missions au-dessus de la Syrie nous permettant d'accumuler de l'information, plus les jours passeront plus nous disposerons de manière autonome d'un renseignement de qualité", souligne-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense. "Mais parlons clair, ce n'est pas suffisant pour pouvoir mener une campagne d'ampleur, pour aller vers une intensification des frappes", ajoute-t-on. "C'est là où intervient de manière stratégique le rôle des Américains qui n'ont jamais cessé d'accumuler ce renseignement." Les renseignements américains devraient notamment permettre à la France d'avoir accès à des éléments précis permettant d'affiner leurs dossiers d'objectifs, constitués depuis septembre dernier. Pas question pour autant de "frapper tous azimuts" ni de brader l'autonomie décisionnelle de la France. Fin octobre, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi de 50 membres des forces spéciales en Syrie, une option qui n'est pas écartée par la France. "Tout est ouvert, les décisions ne sont pas prises", indique-t-on au ministère de la Défense. "Toute la coopération possible avec les Américains est ouverte évidemment mais pas de présence au sol." (avec Lisa Lambert à Washington et Matt Spetalnick en Turquie; Edité par Yves Clarisse et Henri-Pierre André)

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