ENCADRE-A l'Elysée, un jeudi de secrets et d'émotion

le
0
    * Hollande avait prévenu Valls dans l'après-midi 
    * Allocution emprunte d'émotion écrite de sa main 
    * Ses proches décrivent un choix pris "en conscience" 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 1er décembre (Reuters) - C'est dans le secret de sa 
conscience que François Hollande a mûri son choix de renoncer à 
briguer un second mandat, une lourde décision annoncée jeudi à 
Manuel Valls, quelques heures avant son allocution télévisée 
devant les Français.  
    Pendant dix minutes, devant un décor sobre à fond bleu 
installé dans les locaux du 2, rue de l'Elysée, à quelques 
mètres du palais, le président a expliqué les raisons de son 
choix, essentiellement dicté par le souci du rassemblement de sa 
famille politique.   
    Un discours prononcé avec une émotion inhabituelle, qui 
avait été "écrit de sa main, de A à Z", assure un membre de son 
entourage. 
    "Il n'a jamais considéré que sa candidature était 
automatique", a expliqué ce même proche aux journalistes 
accourus aux abords du palais dès l'annonce de l'intervention 
présidentielle.   
    A ses yeux, l'analyse de la situation politique a dominé le 
choix final du président.     
    "C'est un processus qui s'est étalé sur une longue période 
mais l'élément déterminant c'est qu'il a estimé que les 
conditions du rassemblement n'étaient pas réunies", a-t-il dit.  
    François Hollande avait prévenu dans l'après-midi quelques 
personnes par téléphone, parmi lesquelles le Premier ministre, 
Manuel Valls, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale 
Bruno Le Roux, le porte-parole du gouvernement, Stéphane le 
Foll, et le maire de Dijon, François Rebsamen.  
    Il devait dîner "avec des proches" jeudi soir à l'Elysée, a 
rapporté un membre de son entourage qui a décrit un président 
"extrêmement serein".  
    "C'est un choix qu'il fait en conscience, en responsabilité, 
en lucidité. Comme toutes les décisions dont on pèse longuement 
les avantages et les inconvénients, on l'assume totalement", 
a-t-il ajouté.   
     
    "CHAPEAU !" 
    Lors des deux rendez-vous à l'agenda présidentiel de ce 
froid jeudi de décembre, rien n'avait transparu des intentions 
du chef de l'Etat, dont les gestes et les paroles sont scrutés 
depuis des semaines à la recherche d'un indice sur son avenir 
politique. 
    La tension était très forte depuis la désignation de 
François Fillon au terme du second tour de la primaire de la 
droite, dimanche dernier, qui a mis les républicains en ordre de 
bataille pour 2017.   
    Jeudi matin, un François Hollande souriant a longuement 
félicité et décoré les médaillés olympiques et paralympiques 
victorieux l'été dernier à Rio.  
    En fin d'après-midi, il a présidé, comme souvent, une 
cérémonie de remise de la Légion d'honneur. Parmi les 
récipiendaires figurait l'ancien ministre socialiste Thierry 
Repentin.   
    "Je pense qu'il a pris sa décision en son âme et conscience, 
seul", a raconté ce dernier à Reuters. "Je l'ai vu un quart 
d'heure avant son allocution télévisée. Ses conseillers 
n'avaient pas l'air au courant de son choix".   
    Celui qui fut ministre de 2012 à 2014 s'est dit soulagé par 
cette décision, qui met fin à une période d'incertitude très 
anxiogène à gauche.   
    "Quand la nature n'est pas entretenue, l'herbe folle pousse. 
Il était temps que nous sachions quel serait le candidat", 
a-t-il dit avant de rendre hommage à celui qui ne sera plus 
président dans cinq mois.  
    "C'est un grand message de dignité et de réconciliation. 
François Hollande a dit ce soir que ce n'est pas son destin qui 
l'intéresse, mais celui de son pays, donc chapeau !"  
    François Hollande devait s'envoler vendredi matin pour une 
visite de deux jours à Abou Dhabi, sous le double signe de la 
culture et de la guerre contre l'Etat islamique, qui a constitué 
le fil rouge de son quinquennat finissant.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant