En visite en Grèce, François Hollande espère soigner sa gauche

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FRANÇOIS HOLLANDE ESPÈRE UNE DÉMONSTRATION D'AMITIÉ D'ALEXIS TSIPRAS
FRANÇOIS HOLLANDE ESPÈRE UNE DÉMONSTRATION D'AMITIÉ D'ALEXIS TSIPRAS

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - François Hollande espère une démonstration d'amitié du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lors de sa visite à Athènes jeudi et vendredi pour aider une gauche à la peine avant les élections régionales de décembre.

A Paris, on nie toute arrière pensée, en soulignant que la France a été aux côtés des Grecs pendant les difficiles négociations de l'été et que le président français répond à une invitation du président et du Premier ministre grecs.

    Il s'agit de "montrer que la Grèce a les ressources pour surmonter la crise, mettre en oeuvre les réformes et retrouver le chemin du redressement" et de "réaffirmer l'engagement de la France à fournir son aide et son assistance", explique-t-on.

    Selon un haut responsable grec, la visite du président français s'explique aussi par son besoin de ressouder la gauche, dont une partie a vu dans le leader de Syriza, Alexis Tsipras, un héros de la lutte contre les politiques d'austérité.

    "Hollande a son propre agenda préélectoral", explique ce responsable sous couvert de l'anonymat. "En serrant contre lui Tsipras, l'icône de la gauche radicale, Hollande veut envoyer le message à la gauche française qu'elle devrait s'unir derrière lui."

    En saluant la victoire de Syriza aux élections législatives de septembre, François Hollande avait lancé un message à l'électorat de gauche, expliquant que l'avenir de la gauche était dans l'affirmation de ses valeurs mais aussi le réalisme, le faible score des dissidents de Syriza montant selon lui qu'une autre stratégie ne fonctionnait pas.

    Le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, a estimé mercredi que "ce voyage, c'est d'abord celui de l'amitié pour le peuple grec et la Grèce".

    Selon une source diplomatique française, "la confiance entre la France et la Grèce ne date pas d'aujourd'hui mais elle s'est considérablement renforcée au cours des derniers mois parce que la France a joué un rôle d'équilibre pour faciliter la recherche de compromis".

    Un soutien confirmé par le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, dans un entretien publié cette semaine par le quotidien Libération.

    "Sur le point de savoir si, pour la Grèce, la meilleure solution ne serait pas de sortir de l'euro pour un certain temps – un timeout –, 15 ministres des finances ont partagé cette opinion. Seuls les ministres français, italien et chypriote n'étaient pas sur cette ligne", a-t-il déclaré.

   

    CRISE ÉCONOMIQUE, CRISE DES MIGRANTS

    La difficile mise en oeuvre du programme imposé à la Grèce par ses créanciers internationaux sera discutée lors de la visite, de même que la crise des migrants, pour laquelle la Grèce est en première ligne, avec l'arrivée estimée d'un demi million de personnes sur son territoire cette année.

    Sur le premier sujet, on souligne à Athènes comme à Paris que le président français a déclaré le 7 octobre au Parlement européen qu'il fallait désormais "une discussion sur le service de la dette" grecque.

    La Grèce ayant un besoin crucial d'investissements pour faire repartir son économie, cette question figurera dans les discussions entre François Hollande et Alexis Tsipras.

    "Il y a beaucoup de secteurs sur lesquels on a intérêt à développer et à approfondir ces relations", a dit Stéphane Le Foll, sans plus de précision.

    La visite de François Hollande intervient alors que le gouvernement grec et les représentants de ses créanciers internationaux ont ouvert mercredi des discussions sur le rythme des réformes que la Grèce s'est engagée à mener dans le cadre du programme d'aide conclu cet été.

    Les réformes adoptées vendredi dernier par la Vouli, le Parlement grec, prévoient notamment un abaissement des pensions de retraite, un report de l'âge du départ à la retraite, un renforcement des sanctions contre la fraude fiscale et une libéralisation du marché de l'énergie.

    Les représentants des institutions européennes et du Fonds monétaire international devront se prononcer sur la mise en oeuvre de ces réformes avant qu'Athènes puisse recevoir une enveloppe de trois milliards d'euros d'aide.

    Cette somme fait partie d'une tranche de 23 milliards d'euros, qui elle-même comprend 10 milliards d'euros déjà versés à la Grèce pour couvrir le coût de la recapitalisation des banques du pays.

    La prochaine série de réformes qu'Athènes devra mettre en oeuvre comprend la mise en place d'une taxe agricole, la hausse de la fiscalité sur l'enseignement privé et la fusion de fonds de retraite, qui devrait se traduire par une nouvelle diminution du montant des pensions de retraite.

    Un appel à la grève nationale dans le secteur public comme dans le privé a été lancé pour le 12 novembre, pour protester contre ces mesures.

    Athènes souhaite que l'examen des créanciers soit achevé le mois prochain et que les banques du pays soient renflouées avant la fin de l'année dans l'espoir de pouvoir ouvrir des discussions sur un allègement du fardeau de la dette publique.

    François Hollande signera une déclaration commune avec Alexis Tsipras portant sur la coopération entre les deux pays, prévue dans les domaines notamment de la réforme de l'administration, la fiscalité, la gestion des actifs publics, la gouvernance locale, le tourisme et la santé. 

(avec Paul Taylor et Renee Maltezou à Athènes; édité par Yves Clarisse et Tangi Salaün)

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  • sense78 le jeudi 22 oct 2015 à 10:01

    Ce gnome ferait mieux de soigner son pays plutôt que sa clientèle dérisoire. Pire, il va découvrir que, certes sous la contrainte, la Grèce entreprend beaucoup plus de réformes structurelles que la France. Mais nul doute qu'il porte atteinte à la souveraineté de notre pays qui sera prochainement contraint, par des pressions extérieures, de se plier à de vraies réformes.

  • M4484897 le jeudi 22 oct 2015 à 09:21

    Et ce charlots qui ne descend que rarement de l'avion va nous dire que nos petits diesels, qui nous servent pour travailler, polluent! Son bilan Carbonne sera plus important que son bilan politique

  • M1589075 le jeudi 22 oct 2015 à 09:10

    Il va en Grèce voir des incompétents et des démagogues (alors qu'il est dans ces domaines très bon). Il ferait mieux pour l'Europe et les Français d'aller voir Angela et de discuter sur des choses plus importantes que les idées farfelues des GrecsIl est d'ailleurs accompagné par 4 dirigeants d'entreprise c'est dire si la Grèce est attractiveEncore une erreur M Hollande :! Au prix Noble de la c.. il serait gagnant

  • guerber3 le jeudi 22 oct 2015 à 09:04

    Si lui st français, alors je ne le suis plus :j ' ai honte pour mon pays...!

  • M156470 le jeudi 22 oct 2015 à 08:57

    Il ferait mieux de soigner préventivement ses fesses. La raclée qui se prépare sera rude !!!

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