En Vendée, Nicolas Sarkozy pourfend la "pensée molle"

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    par Guillaume Frouin 
    LES SABLES D'OLONNE,  Vendée, 1er octobre (Reuters) - 
N icolas Sarkozy s'est érigé samedi en pourfendeur de "la pensée 
molle" et a mis en garde les Français contre un élargissement de 
la primaire de la droite aux idées de gauche, une perspective 
censée être plus favorable à son concurrent Alain Juppé. 
    L'enjeu de la participation à la primaire des 20 et 27 
novembre aiguise la rivalité entre les deux favoris du scrutin, 
l'ex-chef de l'Etat accusant son principal adversaire de 
préparer une "alternance molle" pour avoir invité les "déçus du 
hollandisme" et les électeurs du centre à voter.  ID:nL8N1C53T6  
    "La primaire de la droite et du centre, ce n'est pas la 
primaire de la droite, du centre et de la gauche", a lancé 
samedi l'ancien chef de l'État lors d'une réunion publique aux 
Sables d'Olonne (Vendée) devant près de 800 militants et 
sympathisants. 
    "Regardez les résultats des grandes coalitions en Europe, en 
Autriche notamment... La confusion, ça amène quoi ? L'explosion 
des extrêmes", a-t-il affirmé. "L'Autriche, capitale 
intellectuelle de l'Europe au XXe siècle, a donné le deuxième 
tour de la présidentielle à un bobo écolo et à un leader 
d'extrême-droite." 
    Le second tour de l'élection présidentielle en Autriche, le 
4 décembre, opposera Alexander Van der Bellen, un indépendant 
soutenu par les écologistes, et Norbert Hofer, le candidat du 
Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite), pour l'heure favori 
dans les sondages.   
 
    SARKOZY MET EN GARDE CONTRE LES PETITS ARRANGEMENTS 
    "Qui peut dire que, si je n'avais pas pris en main l'UMP et 
créé Les Républicains, nous ne serions pas aujourd'hui dans une 
situation analogue ?", s'est interrogé  Nicolas Sarkozy. "Nous 
aurions un débat cadenassé, une gauche et une droite qui 
n'assument pas leurs convictions, un système politique où 
règnent le politiquement correct, et par-dessus tout, une pensée 
molle." 
    L'ancien président de la République estime par ailleurs 
qu'un élargissement aux idées de gauche pose un problème de 
"loyauté", dans la mesure où les électeurs de la primaire seront 
appelés à signer une charte où ils disent adhérer aux valeurs de 
la droite et du centre. 
    "Quand on cherche à se faire élire avec les voix de la 
gauche, il faut se préparer à donner une politique qui donnera 
des gages à la gauche, à faire des petits arrangements", a 
insisté Nicolas Sarkozy. 
    Souhaitant en finir avec "les débats interdits" et "le 
tribunal de la pensée autorisée", l'ex-chef de l'Etat a de 
nouveau promis une loi pour "interdire le burkini sur toutes les 
plages de France" et proposé un "gigantesque plan Marshall en 
Afrique" pour inciter les jeunes Africains à rester dans leurs 
pays. 
    Il a également promis de réintroduire, sous une nouvelle 
forme, les "peines plancher" abrogées après l'arrivée de 
François Hollande à l'Elysée.  
    "Tout récidiviste verra sa peine augmentée de 25% au premier 
coup, de 50% au deuxième et de 100% au troisième", a ainsi 
déclaré Nicolas Sarkozy. "Ma stratégie, c'est de tout dire 
avant, pour pouvoir tout faire après", a-t-il conclu.  
 
 (édité par Chine Labbé) 
 
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