En Ukraine, une loi sur la langue russe enflamme la scène politique:
Le russe, langue officielle de l'Ukraine, au même titre que l'ukrainien ? Ce débat ancien et électrique a connu une étape décisive, mardi 3 juillet, lorsque les députés de la majorité présidentielle à la Rada (Parlement) ont adopté un projet de loi en ce sens, en deuxième lecture. Cette initiative, dénoncée par l'opposition qui estime que les procédures de vote ont été violées, a provoqué une onde de choc politique.
Mercredi matin à Kiev, un millier de manifestants ont afflué près du bâtiment où le chef de l'Etat, Viktor Ianoukovitch, devait tenir une conférence de presse, pour faire un bilan de l'Euro 2012. Ils se sont heurtés aux forces de l'ordre, qui ont utilisé gaz lacrymogène et matraques pour les disperser.
"Nous sommes des millions, a dit dans le cortège le célèbre boxeur Vitali Klitschko, qui a créé son propre parti politique. Ils ne peuvent pas dire qu'il ne s'est rien passé." Par décision de justice, tout rassemblement public a été interdit en ville jusqu'au 9 juillet.
A Lviv, capitale culturelle de la partie occidentale du pays, berceau du nationalisme ukrainien, des tentes ont été dressées devant les bâtiments de l'administration. Dans d'autres villes également, des actions sont initiées.
En Ukraine, la question linguistique ne relève pas seulement de la vie culturelle. Elle se trouve au coeur de la politique. Elle touche à l'identité toujours en construction d'un pays indépendant depuis seulement vingt ans. Divisée schématiquement en deux, entre l'Ouest ukrainophone et l'Est russophone, l'Ukraine s'offre régulièrement des psychodrames entre les défenseurs des deux communautés. Les franges radicales sont toujours audibles. La majorité, silencieuse et lasse, l'est beaucoup moins.
Deux éléments de contexte expliquent cette nouvelle poussée de fièvre : l'approche des élections législatives, ...
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