En Turquie, les purges minent l'économie

le , mis à jour à 08:09
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En Turquie, les purges minent l'économie
En Turquie, les purges minent l'économie

La tentative de putsch du 15 juillet a mis à l'épreuve l'économie turque. Si elle ne s'est pas effondrée, sa stabilité pose question. Face à une purge d'ampleur, les investisseurs restent plongés dans l'incertitude. Des centaines de milliers de personnes ont été mises à pied, des dizaines de milliers placées en détention, dont plus de 200 chefs d'entreprise. La plupart sont accusés d'appartenir au mouvement de Fethullah Gülen, prédicateur exilé aux Etats-Unis et désigné par le pouvoir comme l'instigateur de la sédition.

« Tout cela crée la panique, plusieurs partenaires sont très inquiets pour la suite des événements », avoue le patron d'une entreprise turco-européenne qui se plaint de l'ambiance de suspicion. Il raconte sa convocation aux côtés d'autres investisseurs au palais présidentiel d'Ankara après la mutinerie avortée. Le président, Recep Tayyip Erdogan, les aurait exhortés à « devenir des ambassadeurs de la Turquie à l'étranger ». De quoi « donner le ton », résume-t-il .

La perte de confiance fragilise l'économie, confirme un commerçant dans l'artisanat de luxe qui a vu son chiffre d'affaires baisser de 75 % depuis les événements. « On se méfie les uns des autres. Les arrestations s'étendent aussi aux gauchistes, aux pro-Kurdes... Comment savoir à qui on fait face ? »

Depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 de l'AKP, parti islamo-conservateur, la santé économique turque était pourtant très prometteuse. Le taux de croissance a ainsi dépassé les 8 % en 2011 pour retomber à 4 % en 2015. Construction, textile, automobile, électroménager : le pays possède de nombreux atouts. Toutefois, le malaise n'est pas nouveau. Les accusations de corruption ayant plané sur les premiers cercles du pouvoir fin 2013, puis la série d'attentats depuis plus d'un an ont amorcé la défiance.

Premier secteur touché : le tourisme, qui représente au moins 4 % du PIB. Le nombre de visiteurs étrangers ...

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