En Turquie, le président Erdogan au pouvoir jusqu'en 2029 ?

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    ANKARA, 16 novembre (Reuters) - La réforme constitutionnelle 
proposée en Turquie par le parti AKP au pouvoir afin d'étendre 
les pouvoirs du président pourrait permettre à Recep Tayyip 
Erdogan de se maintenir à la tête du pays jusqu'en 2019, si l'on 
en croit des responsables qui ont consulté le projet de loi. 
    Le président Erdogan et ses partisans affirment que le pays 
a besoin d'une présidence forte, sur le modèle du régime 
français ou américain, afin d'en finir avec la fragilité des 
coalitions de gouvernement qui a constitué une entrave au 
développement dans le passé. 
    L'opposition soutient que cette révision de la Loi 
fondamentale ne vise qu'à satisfaire les ambitions d'Erdogan et 
risque de se traduire par une dérive autoritaire qui, selon les 
Occidentaux, s'exprime déjà par les purges massives organisées 
depuis le putsch manqué du 15 juillet. 
    L'AKP, fondé par Erdogan en 2001 et au pouvoir depuis 2002, 
entend organiser un référendum sur cette réforme 
constitutionnelle mais a besoin du soutien des nationalistes du 
MHP pour que la tenue du scrutin soit approuvée par le 
Parlement. 
    Selon le projet présenté au MHP mardi, Erdogan bénéficierait 
de nouvelles prérogatives immédiatement après le référendum en 
tant que président en exercice. 
    Il pourrait se présenter à la présidentielle de 2019 et s'il 
était élu, il demeurerait chef de l'Etat jusqu'en 2024, terme de 
son second et dernier mandat de cinq ans, suivant la limite 
prévue par la Constitution. 
    En cas de réforme, les compteurs seraient remis à zéro, le 
mandat actuel d'Erdogan ne serait pas comptabilisé. Il pourrait 
donc être candidat en 2019 puis à nouveau en 2024 et en cas de 
victoire se maintenir au pouvoir jusqu'en 2029. 
    Une autre disposition de la réforme octroie au président la 
possibilité de gouverner par décrets sur les questions relevant 
de l'exécutif sans avoir à consulter le Parlement. 
    Il aurait deux vice-présidents et nommerait directement les 
chefs d'état-major des armées, ceux des services de 
renseignement, les recteurs d'université, certains hauts 
fonctionnaires et les membres de certaines juridictions 
supérieures. 
    De telles modifications risquent d'inquiéter encore un peu 
plus l'Union européenne, qui a exprimé des critiques concernant 
la répression menée en Turquie depuis le coup d'Etat manqué. 
 
 (Ercan Gurses et Orhan Coskun, Pierre Sérisier pour le service 
français, édité par Gillers Trequesser) 
 
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