En Turquie, le gouvernement  met la presse au pas

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L'autocensure progresse dans les rédactions, tandis que 71 journalistes et écrivains sont incarcérés, principalement pour leurs écrits.

Chaque mercredi depuis bientôt neuf mois, Yonca Sik se rend à Silivri, une lointaine banlieue d'Istanbul, au bord de la mer de Marmara. Pendant trente minutes, la jeune femme peut parler à son mari, «en forme et très en colère», selon elle, à travers une double vitre. Journaliste d'investigation, Ahmet Sik est accusé d'avoir «aidé l'organisation terroriste Ergenekon», un réseau militaro-mafieux soupçonné d'avoir voulu renverser le gouvernement islamo-conservateur. Il risque entre sept ans et demi et quinze ans de prison. Son procès, qui s'ouvre aujourd'hui avec celui de son confrère Nedim Sener, est l'emblème d'une presse turque ébranlée par les poursuites et mise au pas par le gouvernement.

Éditorialistes écartés

«Ahmet est en prison pour ses activités journalistiques, martèle Yonca Sik. Son dossier est vide.» L'acte d'accusation repose sur son dernier manuscrit, intitulé Livre 000, qui développe la thèse d'un noyautage de la police par la puissante co

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