En Turquie, la purge et les manifs

le , mis à jour à 08:38
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En Turquie, la purge et les manifs
En Turquie, la purge et les manifs

Dimanche encore, comme tous les soirs depuis huit jours, les Stambouliotes étaient dans les rues pour dire non au putsch avorté. Sur la place Taksim, impossible de passer sans entendre le mot « darbe », coup d'Etat en turc. Le reste du temps, la vie reprend son cours, mais elle n'est plus tout à fait la même.

 

Ils s'appelaient Ahmet, Akin, Ibrahim ou encore Metin. Ils ont perdu la vie dans la nuit sanglante du 15 au 16 juillet lors du putsch manqué. A Taksim, au coeur d'Istanbul, une pancarte liste leurs noms blanc sur noir, en leur mémoire. Mais ils ne sont pas seuls : autour d'eux une foule compacte de plus d'une dizaine de milliers de personnes s'est rassemblée. Venus au nom de la démocratie, à l'appel du CHP, le Parti du peuple et de la République. « Je vote pour l'AKP, mais là peu importe l'appartenance politique, nous menons tous le même combat contre les coups d'Etat », lance Samet, 37 ans, tee-shirt du drapeau turc sur le dos.

 

 

« Sortez, veillez dans les rues ! »

 

En une semaine, la place Taksim est passée de rouge sang au rouge militant. La lune et l'étoile du drapeau turc ornent la ville, ceux à l'image d'Atatürk se transforment en capes sur le dos des Stambouliotes. Le son des tirs a laissé la place aux chants à la gloire de la nation. Pins à l'effigie du leadeur du CHP sur la poitrine, Selin, 28 ans, sourit : « C'est le premier rassemblement auquel j'assiste, pour l'appel à la démocratie. » Depuis plus d'une semaine, les Turcs ont investi les places publiques, tous partis confondus.

 

Une semaine aussi où l'appel du muezzin a résonné plus que jamais. Les consignes en écho : « Prenez soin de la nation, sortez, veillez dans les rues ! » pouvait-on entendre dans les quelque 3 300 mosquées de la ville. Les prières des imams ont aussi accompagné des centaines d'obsèques à travers le pays.

 

Ici des familles endeuillées ; là, d'autres en procès, au ...

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