En Turquie, l'hypothèse d'élections anticipées fait son chemin

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ANKARA, 12 août (Reuters) - L'hypothèse de la convocation en novembre d'élections législatives anticipées progresse au sein de l'AKP, expliquent des responsables du parti au pouvoir en Turquie, expliquant que la direction du mouvement est encouragée par les récents sondages d'opinion et de plus en plus réticente face à l'idée d'un gouvernement de coalition. Avec moins de 41% des voix, l'AKP a perdu sa majorité parlementaire lors des législatives de juin, un revers sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 2002. La formation d'un gouvernement suppose donc un accord avec un autre parti, qui doit être conclu au plus tard le 23 août. L'AKP a eu ces dernières semaines des discussions avec le CHP, le principal parti d'opposition, sans parvenir à des résultats tangibles. Le gouvernement sortant pourrait prochainement conclure qu'un nouveau scrutin lui permettrait de retrouver une majorité, grâce en partie, disent certains critiques, à la campagne militaire lancée le mois dernier contre le Parti des travailleurs kurdes (PKK) dans le sud-est du pays et dans le nord de l'Irak, parallèlement à l'offensive contre l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie. Le gouvernement parle de "guerre synchronisée contre le terrorisme" mais ses détracteurs estiment que cette double offensive vise avant tout les rebelles kurdes dans le but de remobiliser l'électorat nationaliste. Le président Recep Tayyip Erdogan, qui a cofondé l'AKP, passe pour être favorable à des législatives anticipées. "Le Premier ministre Ahmet Davutoglu, que j'ai mandaté pour former le gouvernement, peut prendre des mesures en vue de nouvelles élections ou pour former une coalition", a-t-il dit dans un discours mercredi. "Toutefois, ses choix doivent correspondre aux choix de l'autre parti. Ce n'est pas comme s'il allait se suicider s'ils ne correspondent pas." LA DATE DU 22 NOVEMBRE DÉJÀ ÉVOQUÉE Un sondage réalisé par l'institut Andy-Ar publié mercredi montre que le soutien à l'AKP a progressé de deux points depuis le scrutin de juin, à 42,8%. Il n'est pas certain qu'un tel score permettrait au parti de détenir une majorité parlementaire mais ce sondage s'ajoute à deux autres études d'opinion récentes suggérant que l'AKP pourrait être en mesure de gouverner seul en cas de nouvelles élections. Ahmet Davutoglu doit de nouveau rencontrer jeudi le chef de file du CHP pour de nouvelles négociations présentées comme les dernières. Mais il a averti mardi soir la presse qu'elle ne devait pas s'attendre à une "annonce historique" à l'issue de cet entretien. "La société a intégré la tenue d'élections anticipées. Nous ne pouvons pas l'ignorer. Mais nous devons attendre de savoir ce que va dire Davutoglu aujourd'hui", a déclaré à Reuters un haut responsable de l'AKP avant une réunion de la direction du parti avec le Premier ministre. Des sources de l'AKP précisent que l'hypothèse de nouvelles élections le 22 novembre, soit une semaine après le sommet du G20 organisé par la Turquie, gagne du terrain au sein du parti et qu'elle a "un temps d'avance" sur celle d'une coalition avec le CHP ou le parti nationaliste MHP. Un haut responsable du CHP s'est quant à lui montré prudent quant à la probabilité d'un accord de coalition. "L'AKP ne veut pas former un gouvernement avec nous. Nous disons 'dirigeons le pays ensemble", ils répondent 'non, ne vous en mêlez pas'", a-t-il expliqué à Reuters. (Orhan Coskun et Ercan Gurses, Marc Angrand pour le service français)

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