En Turquie, ces 2 millions d'"invités" qui ne rentreront pas

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Des réfugiés syriens assis à même le trottoir, sous la neige d'Istanbul, le 7 janvier 2015.
Des réfugiés syriens assis à même le trottoir, sous la neige d'Istanbul, le 7 janvier 2015.

Des bâtisses éventrées encerclent les artères boueuses de la ville. Trois jeunes enfants surgissent d'un sous-sol et enjambent une énorme flaque de sang. Nous sommes à 900 kilomètres d'Alep, dans le quartier de Tarlabasi, à Istanbul, où des milliers de Syriens ont trouvé refuge. Un homme au teint mat et à la barbe juvénile apparaît dans la pénombre d'un entrepôt. Obada vient de souffler ses 22 bougies. Il y a six mois, il vivait encore à Damas, où il était apprenti ingénieur électrique. Mais il a dû se résoudre à quitter son pays pour rejoindre son oncle en Turquie."Je n'avais pas choisi mon camp là-bas, mais les gens mouraient chaque jour", lâche-t-il, dépité, devant l'entrée démolie du dépôt. Arrivé en Turquie par la mer, Obada ne s'est pas enregistré auprès des autorités turques, préférant conserver son passeport syrien, dernière preuve de sa vie passée. Désormais électricien sept jours sur sept, le jeune homme rêve déjà d'ailleurs : l'Allemagne et ses universités, où il pourrait poursuivre sa véritable vocation. Pas la Syrie. "Il faut se rendre à l'évidence, lâche-t-il. Le monde entier se bat en Syrie aujourd'hui. Je vais rester encore longtemps ici." Mendier Plusieurs de ses compatriotes ont trouvé chaleur et réconfort dans une ruelle voisine, où une minuscule échoppe propose de succulents falafels à un prix défiant toute concurrence. Le commerce appartient à Osman. Âgé lui aussi de 22 ans, cet...

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