En Tunisie, une loi au relent d'ancien régime

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Dans la nouvelle démocratie tunisienne, tout consommateur ou détenteur «de plantes ou matières stupéfiantes» «à usage de consommation personnelle» encourt une lourde peine d'emprisonnement et une amende.
Dans la nouvelle démocratie tunisienne, tout consommateur ou détenteur «de plantes ou matières stupéfiantes» «à usage de consommation personnelle» encourt une lourde peine d'emprisonnement et une amende.

Récompensée en octobre par le prix Nobel pour sa transition démocratique, l’ex-dictature a conservé des pratiques héritées du régime Ben Ali. Comme la stricte application d’une loi anti-toxicomanie qui permet la détention de milliers de personnes.

Ils sont la mauvaise conscience de la transition démocratique tunisienne. Et le caillou dans les mocassins d’un Prix Nobel de la paix. Ala Eddine Slim, Fakhri El-Ghezal et Atef Maatallah sont trois artistes tunisiens, âgés de 30 à 35 ans, porte-drapeau de cette nouvelle génération qui ne s’est pas faite à l’idée que le « printemps » de 2011 était une parenthèse close. Au moment où leur pays s’enorgueillit d’avoir été couronné par le comité d’Oslo pour la réussite de sa démocratisation, seule « révolution arabe » à avoir survécu, les trois jeunes gens ont été condamnés à Nabeul (nord-est), le 25 novembre, à un an de prison et 1 000 dinars (450 euros) d’amende pour… détention de stupéfiants.

La sentence a fait l’effet d’une douche froide en Tunisie, où Ala Eddine Slim, Fakhri El-Ghezal et Atef Maatallah sont connus pour leur œuvre tout autant que pour leur combat contre l’archaïsme des politiques du ministère de la culture. Lundi 21 décembre, rebondissement : saisi en appel, le tribunal de Nabeul les acquitte.

Mais l’affaire est emblématique. Elle illustre à quel point la démocratie est fragile, incertaine, paradoxale en Tunisie. Un mélange de vraies percées – en particulier pour la liberté d’expression –, de lois coercitives conservées de l’ancien régime et, dans certains cas, de franches régressions. Le 10 décembre, la condamnation à trois ans d’emprisonnement de six étudiants de Kairouan (centre) pour homosexualité avait ajouté à l’inquiétude des milieux de défense des d...

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