En se séparant de son patrimoine, l'État récolte 500 millions en 2015

le
0

Hôtels particuliers, casernes, dépendance du château de Versailles... et même un terrain à Palmyre. Les propriétés que l’État veut vendre sont variées. Mais le stock de biens facile à écouler commence à s’épuiser.

Si pour les particuliers - on ne cesse de le répéter à la une des magazines - c’est le moment d’acheter un bien immobilier, pour l’État français, c’est l’inverse: c’est le moment de vendre son patrimoine. Depuis déjà quelques années. Comme pour l’année 2014, les cessions immobilières de l’État vont dépasser la barre des 500 millions d’euros cette année. Un appartement à Arcachon, une dépendance du château de Versailles, hôtels particuliers, casernes (comme celle de Mellinet, à Nantes)... les biens sont variés! Mais cette année, c’est le Quai d’Orsay et la Défense qui seront les premiers à se séparer de leur patrimoine.

Le luxueux duplex de 700 mètres carrés à Manhattan, qui était mis à disposition de l’ambassadeur français à l’ONU, a été vendu en 2014 pour 70 millions de dollars (51,5 millions d’euros). L’État l’avait acquis en 1979, pour 600.000 dollars, ce qui reviendrait à 2 millions de dollars actuels. Soit une plus-value de 3500%. En 2014, les cessions immobilières de l’État français avaient déjà rapporté 533 millions d’euros. Pour 2015, l’objectif de 521 millions d’euros sera atteint. Au mois de septembre dernier, les ventes avaient déjà atteint 506 millions d’euros, selon les chiffres d’un rapport budgétaire du Sénat.

De Saint-Germain-des-Prés à Palmyre

Sur les six dernières années, c’est en 2011 que les cessions immobilières ont été les plus importantes: 598 millions d’euros! Les ventes s’étaient abaissées à 391 millions d’euros en 2013. Les Échos ont recensé les dix principales ventes réalisées par l’État cette année... En haut classement, la totalité du campus diplomatique français à Kuala Lumpur - situé sur un terrain de 3,2 hectares - a été vendu pour la modique somme de 221,7 millions d’euros! Ensuite, on retrouve la Caserne de la Pépinière (vendue à 118,5 millions d’euros), dans le VIIIe arrondissement de Paris.

Ces cessions réservent parfois des surprises. Comme ce terrain, qui devrait être cédé en 2016, et qui se situe à... Palmyre, une ville syrienne connue pour abriter l’État islamique. Il est en vente depuis 2012. Parmi les 930 biens à vendre, «on peut légitimement s’interroger sur le réalisme de certains projets», avouent aux Échos deux sénateurs. Dans le VIIe arrondissement de Paris, c’est la vente de l’hôtel de l’Artillerie - qui jouxte le boulevard Saint-Germain - qui fait parler. Sciences Po aurait proposé la somme de 80 millions d’euros pour en acheter les 9000 mètres carrés. Sur Google Maps, le bien est d’ailleurs d’ores et déjà la propriété de la grande école parisienne... alors que les négociations sont toujours en cours!

Pour 2016, Bercy mise à nouveau sur 500 millions d’euros de cessions. Mais cette politique de vendre des biens afin de pouvoir financer la modernisation du parc immobilier de l’État risque fort de s’essouffler. Pourquoi? Parce que les biens cessibles de grande valeur s’épuise progressivement. Depuis 2011 - excepté pour l’année 2014 - les cessions immobilières réalisées diminuent d’année en année.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant