En Russie, les voix de la contestation se libèrent

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Les grandes manifestations anti-Poutine du mois de décembre ont signé le réveil de la société civile russe qui ose à nouveau critiquer le régime.

La scène s'est passée il y a dix jours à la Maison des écrivains, le lieu huppé de rassemblement de l'intelligentsia moscovite. Une soirée est organisée à la mémoire d'un célèbre poète russe, Iouri Levinski, disparu en 1996, qui avait publiquement affronté l'ancien président Boris Eltsine, auquel il reprochait d'avoir initié la première guerre en Tchétchénie.

Lors de cet anniversaire commémoratif, l'un des orateurs, rédacteur en chef adjoint du journal d'opposition Novaïa Gazeta, raconte que le poète défunt et frondeur aurait certainement participé aux récents défilés anti-Poutine. Un autre poète présent ce soir-là, Dmitri Soukharev, saisit alors le micro pour démentir les propos du journaliste: «D'ailleurs, il ne faut pas participer à ces manifestations», ajoute-t-il sous les applaudissements d'une moitié de la salle.

En apparence anodin, cet épisode montre qu'après quinze ans de quasi-silence, la politique a repris droit de cité dans le pays, au m

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