En Roumanie, la visite de la villa des Ceaucescu suscite le malaise

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EN IMAGES - Depuis mars, la villa du couple de dictateurs roumains est ouverte au public pour des visites. Une visite purement axée sur le mobilier et l’architecture, ce qui déplaît à certains visiteurs.

Durant leurs 24 années de pouvoir, la luxueuse villa qu’occupaient Nicolae et Elena Ceaucescu à Bucarest était l’un des secrets les mieux gardés du pays. Bien sûr, il y avait des rumeurs évoquant les baignoires dorées à la feuille d’or, les interminables dressings abritant les collections de manteaux et de chaussures ou encore la piscine intérieure recouverte de mosaïques....

Mais il faudra attendre près de 30 ans après leur exécution (un jour de Noël 1989) pour que le grand public ait largement accès au lieu. Une visite de ce Palatul Primaverii (palais de printemps) qui laisse cependant un arrière-goût désagréable à en croire le compte rendu qu’en fait le journaliste roumain Palko Karasz dans le New York Times. En cause: le fait que la visite évoque uniquement les choix de décoration et d’aménagement du couple sans aucun rappel des souffrances et des privations endurées par le peuple roumain à cette période.

5000 m² et 30 pièces

Pour découvrir les 5000 m² et les 30 pièces, les visiteurs sont priés de faire comme les Ceaucescu à l’époque: se déchausser ou du moins recouvrir leurs chaussures d’une protection. S’ensuit une visite d’une enfilade de pièces mêlant styles Renaissance et Rococo avec présentation de chandelier de cristal et autres tapisseries flamandes.

Quant à la piscine intérieure, elle sert désormais de lieu d’exposition des cadeaux que les Ceaucescu recevaient durant leurs visites ou leurs vacances à l’étranger. En l’espace de 3 mois, les lieux ont reçu plus de 8000 visiteurs mais ce qui perturbe Palko Karasz c’est que l’on «attache beaucoup plus d’importance à la tapisserie ou à la porcelaine qu’aux brutalités de la dictature communiste».

D’ailleurs, les autorités qui encadrent ces visites semblent assumer ce choix précisant qu’il «ne s’agit pas de diaboliser Ceaucescu, l’homme ou le leader, ni de lui trouver des alibis ou des excuses pour ce qui s’est passé». Et pour s’assurer de cela, les guides embauchés pour les visites sont volontairement jeunes, choisis dans la génération qui n’a pas (ou peu) connu le régime de Ceaucescu. Une approche critiquée par des intellectuels roumains, estimant que c’est une occasion ratée pour la Roumanie de regarder en face son histoire.

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