En Martinique, une rhumerie rénovée à déguster sans modération

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COUP DE COEUR - Régulièrement, Carole Papazian vous entraîne dans un lieu hors normes. Après le musée Rodin à Paris et le château de Joséphine Baker dans le Périgord, découvrez une rhumerie colorée en Martinique rénovée par une pro du luxe, l’architecte Jeanne Dumont.

La route est longue, longue, plutôt étroite et sinueuse. Une petite route de Martinique qui permet de découvrir le paysage tropical de ce bout de France, à 7000 kilomètres de la métropole. Des arbres, des bourgs, des villages, de petites maisons et au bout de tout ça une rhumerie. En allant là-bas, tout au nord de l’île, je ne m’attends à rien de précis. Juste à visiter une distillerie, dont on m’a assuré qu’elle était étonnante. Mais comment peut-on s’étonner d’une rhumerie? J’espère juste comprendre comment est fabriqué le rhum, je me dis que le parcours sera pédagogique.

Et puis, au détour d’un virage, on arrive. En contrebas, apparaît tout à coup, dans un vallon, au milieu de tout ce vert, un bâtiment rouge, d’un rouge profond qui tranche sur la végétation environnante. Et c’est un flash, l’envie de faire, pile à ce moment là, un arrêt sur image. Sur cette image aux couleurs qui vibrent. L’envie de conserver cette image dans les yeux, de l’emporter.

Encore quelques centaines de mètres et la voiture se range sagement dans le parking des visiteurs. Car la rhumerie J.M a été rénovée pour les accueillir et les séduire. Si vous séjournez en Martinique, comme environ 500.000 personnes par an, n’hésitez pas à quitter les plages et à visiter le patrimoine architectural local. Et pourquoi pas cette rhumerie, l’une des plus anciennes de l’île qui produit le rhum J.M, AOC depuis 1996.

Son originalité, c’est la mise en scène qui en a été faite par Jeanne Dumont, une architecte de renom ayant fait ses classes dans le groupe Louis Vuitton et qui a monté ensuite sa propre agence. En pénétrant dans les lieux, on voit la patte de l’artiste. Elégant, sobre, simple et séduisant, le parcours dans la distillerie qui s’achève sur un test olfactif qui est un instant de plaisir.

Se faire expliquer la fabrication du rhum agricole, découvrir la canne broyée, plus loin, voir le chai, les vieilles barriques où sont stockés les rhums les plus précieux, presser un bouton et sentir une odeur de canne à sucre que l’on pourra ensuite essayer de deviner en humant un rhum maison, c’est une expérience sensuelle.

Un bel exercice graphique et lumineux aussi, Jeanne Dumont, qui a travaillé sur ce projet avec l’architecte Nicolas Genest, a eu l’idée de relier des flacons de rhum aux notes olfactives qui les composent par un élégant jeu de lumières au plafond. Note fleur blanche, tabac ou bouquet d’épices, on goûte avec son nez! Et le parcours se termine bien sûr au comptoir de dégustation et à la boutique.

La modernisation de l’outil industriel est ici allée de pair avec la création d’un parcours original pour les touristes et la mise en valeur de ce patrimoine industriel. Une belle manière de faire se rencontrer hier et aujourd’hui sans trahir le passé. «L’architecture s’est mise au service de l’outil industriel pour l’intégrer dans une esthétique d’ensemble, de nombreux bâtiments ont été réhabilités, d’autres réinventés» explique Florent Passe, le responsable patrimoine de la Fondation Clément qui a supervisé cette rénovation.

Le pari, audacieux, consistait à ce que cette distillerie devienne «une référence en matière d’architecture, de design et de scénographie à la Martinique». Pari réussi, d’un simple bâtiment agricole, ils ont fait, grâce à une scénographie inspirée, un bel espace, presque une oeuvre d’art au milieu des palmiers.

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