En lutte contre Airbnb, Paris pousse à la dénonciation

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    PARIS, 10 mai (Reuters) - La ville de Paris, qui s'emploie à 
encadrer les locations touristiques via Airbnb, a lancé mardi un 
site internet recensant les logements déclarés dans les règles 
en espérant ainsi inciter les résidents à signaler les 
contrevenants. 
    La capitale française suit l'exemple de Berlin, qui est 
entrée en guerre contre la plateforme en durcissant les 
conditions de location et en ouvrant sur internet un portail 
permettant aux habitants de signaler anonymement des 
appartements jugés "suspects". 
    Sur le site opendata.paris.fr, les propriétaires parisiens 
peuvent s'inscrire au registre des autorisations de changement 
d'usage pour les meublés. Au total, 107 enregistrements étaient 
indiqués à la mi-journée, dont 23 dans le IVe arrondissement, 
très prisé des touristes et particulièrement surveillé par les 
inspecteurs de la mairie. 
    Une carte localise par un point rouge les appartements en 
règle. 
    "D'une certaine manière, cela peut exercer une pression, 
notamment via le syndic, où les voisins vont demander des 
comptes en demandant pourquoi cette personne qui n'a pas procédé 
à l'opération de mise en conformité continue à louer son 
logement", a expliqué sur Europe 1 Mathias Vicherat, directeur 
de cabinet à la mairie de Paris. 
    "On souhaite que cela provoque un espèce de choc de 
conscience de civisme, et que les gens se mettent en règle 
d'eux-mêmes, sans attendre d'être éventuellement signalé par un 
de leurs voisins", a-t-il ajouté. 
    Actuellement, la loi Alur sur l'immobilier prévoit qu'un 
particulier souhaitant louer sa résidence principale ne peut pas 
la proposer plus de quatre mois par an, sous peine d'une amende 
de 25.000 euros. 
    Le projet de loi sur l'économie numérique prévoit en outre 
d'imposer aux particuliers l'obtention d'une autorisation de 
louer auprès des mairies. Tout fraudeur s'exposerait à une 
amende de 100.000 euros. 
    Il imposerait également aux sites de location saisonnière de 
 bloquer les particuliers qui loueraient leur logement plus de 
cent vingt jours par an sans avoir demandé une autorisation. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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