En Libye, le parlement de Tobrouk rejette le gouvernement d'union

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 (Actualisé avec déclarations, contexte aux quatre derniers 
paragraphes) 
    BENGHAZI, Libye, 25 janvier (Reuters) - Le parlement libyen 
reconnu par la communauté internationale a rejeté lundi le 
gouvernement d'union proposé dans le cadre du plan de 
réconciliation soutenu par l'Onu et censé résoudre la crise 
politique et le conflit armé dans le pays. 
    Sur 104 élus qui ont participé à la session du parlement à 
Tobrouk, dans l'est de la Libye, 89 ont voté contre le 
gouvernement d'union nationale. 
    Depuis 2014, la Libye compte deux parlements et deux 
gouvernements rivaux: les uns basés à Tripoli et les autres, 
reconnus par la communauté internationale, dans l'Est. Chaque 
camp a l'appui d'alliances de groupe armés et d'anciens insurgés 
qui avaient contribué à renverser le régime du colonel Mouammar 
Kadhafi en 2011. 
    Des députés réunis à Tobrouk ont expliqué que le 
gouvernement d'union proposé, constitué de 32 membres, avait été 
rejeté car il comprenait trop de portefeuilles. Selon eux, le 
Conseil présidentiel, qui siège à Tunis, a dix jours désormais 
pour présenter une liste de ministres moins longue. 
    La composition de ce gouvernement n'est pas à la hauteur des 
défis libyens, a déclaré Omar Tantoush. "Ils n'ont pas utilisé 
les bons critères pour désigner les ministres et déterminer la 
taille du gouvernement, surtout maintenant que l'économie 
s'effondre en Libye", a-t-il dit. 
    Interrogé par Reuters, un autre député de Tobrouk, Mohamed 
al Abani, a estimé lui que la composition de ce gouvernement ne 
représentait pas les intérêts du peuple libyen mais "les 
exigences des chefs de milice". 
    Une seconde motion mise au voix, adoptée par 97 
parlementaires, a approuvé l'accord négocié sous l'égide de 
l'Onu, qui fixe le fonctionnement du Conseil présidentiel, mais 
rejette en revanche une clause transférant au futur gouvernement 
les pouvoirs de nomination en matière de postes militaires. 
    Ce rejet semble répondre au souci de préserver l'avenir du 
général Khalifa Haftar, ancien allié de Kadhafi qui commande 
aujourd'hui les forces alliées au gouvernement de l'Est. 
Considéré par le Parlement de Tobrouk comme le futur commandant 
d'une armée nationale, il est en revanche rejeté par les forces 
alliées au gouvernement installé à Tripoli. 
 
 (Ayman al-Warfalli avec Aidan Lewis; Eric Faye et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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