En Italie, la récession dure désormais depuis un an

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par Gavin Jones

ROME (Reuters) - L'économie italienne s'est contractée plus que prévu au deuxième trimestre, selon les chiffres préliminaires publiés mardi par l'agence nationale des statistiques, compliquant les efforts de réduction du déficit du gouvernement de Mario Monti.

Le produit intérieur brut (PIB) italien a reculé de 0,7%, affichant son quatrième trimestre consécutif de contraction. Après une baisse de 0,8% au premier trimestre, le rythme de la récession dans laquelle le pays est plongé depuis un an ne s'atténue que modestement.

Les analystes interrogés par Reuters anticipaient une contraction moins marquée - de 0,6% - d'un trimestre à l'autre.

En rythme annuel, le repli du PIB italien ressort à 2,5% (consensus -2,3%), après un recul de 1,4% au premier trimestre. C'est sa plus forte chute depuis fin 2009.

Ces indicateurs sont une mauvaise nouvelle pour le président du Conseil Mario Monti, qui vise une réduction du déficit budgétaire à 0,1% du PIB en 2014, et qui risque de se trouver confronté à une diminution des revenus fiscaux et à une baisse de l'emploi et de la consommation.

Des analystes interrogés par Reuters ont évalué le déficit public à 2,3% du PIB pour 2012 et 1,3% pour 2013, alors que les prévisions gouvernementales sont respectivement de 1,7% et 0,5% du PIB pour ces deux années.

Les investisseurs sont de plus en plus sceptiques quant à la capacité de l'Italie à réduire sa dette publique, qui atteint environ 123% de son PIB, alors que ses coûts d'emprunts sur les marchés s'élèvent désormais à près de 6%, un niveau jugé insoutenable à long terme.

Mario Monti a fait adopter fin 2011 des mesures d'austérité d'une valeur totale de plus de 20 milliards d'euros, mais le plan, largement constitué de hausses d'impôts, a miné le moral des consommateurs et augmenté la récession.

PAS DE REPRISE AVANT 2013

"Les mesures d'austérité sont évidemment en train de peser sur l'économie", selon Vincenzo Bova de MPS Capital Services. "Les investissements et la consommation, dans le privé et le public, sont les domaines les plus touchés."

Le séisme meurtrier survenu en mai en Emilie-Romagne, dans le nord du pays, où se trouvent d'importantes industries, a pu contribuer à affaiblir l'économie italienne, même si les analystes jugent que le déclin du deuxième trimestre n'est pas seulement conjoncturel, et va continuer.

"Il n'y a pas de signe d'un quelconque changement de tendance pour l'Italie", explique Annamaria Grimaldi, analyste chez Intesa Sanpaolo, pour qui la troisième économie de la zone euro ne sortira pas de la récession avant que 2013 soit "bien entamée".

La fédération patronale Confindustria prévoit que l'économie se contractera de plus de 2,4% cette année, soit deux fois plus que la projection gouvernementale, fixée à -1,2%.

Mario Monti, dont la côte de popularité autrefois très élevées a désormais chuté, a remporté mardi un vote symbolique de confiance parmi les députés pour limiter les débats et accélérer l'adoption cette année de nouvelles coupes budgétaires d'une valeur totale de 4,5 milliards d'euros.

Le Président du conseil, qui ne se présentera pas lors d'élections législatives prévues au printemps, a régulièrement sollicité l'indulgence de ses partenaires européens, en particulier l'Allemagne.

Mario Monti a notamment prévenu qu'une trop grande rigidité européenne favoriserait l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement eurosceptique, peu enclin à la rigueur budgétaire.

"Je resterai à mon poste, si tout va comme prévu, jusqu'en avril 2013, et j'espère que je pourrais aider à sauver l'Italie de la ruine financière, avec le soutien moral de certains alliés européens, surtout l'Allemagne", a-t-il déclaré dimanche au journal allemand Der Spiegel.

Natalie Huet et Julien Dury pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • marshaka le mardi 7 aout 2012 à 14:46

    Alors que les pays s'enfoncent dans la récession et que les banques et assurances ont des profits qui "expliquent" la hausse fulgurante des marché, pourquoi est il encore nécessaire de venir en aide aux banques ?

  • TL70190 le mardi 7 aout 2012 à 12:50

    M8637171 Tout a fait d'accord avec toi , d'autant qu'a ce jour le gouvernement ne fait apparaitre que des taxes et impots sans rien faire coté depenses publics , ce qui ne rassure pas les investisseurs !

  • M8637171 le mardi 7 aout 2012 à 11:51

    L’Espagne, l'Italie et la France sont des pays où l'état et les collectivités pèsent un poids trop lourd dans l'économie. Leur gestion de l'état est faite en contradiction des principes de la libre entreprise, c'est à dire sans souci des dépenses en regard des recettes. Enfin les lois sur le travail et sur les entreprises brident la croissance en tétanisant les entrepreneurs. Il faut inverser ces règles pour retrouver de la croissance. Mais pour l'instant rien n'est fait dans ce sens.

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