En Iran, des toits en entonnoir permettent de lutter contre la sécheresse

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FIGARO DEMAIN - Une entreprise iranienne a conçu des toits d'un nouveau genre qui collectent et stockent l'eau de pluie. Cette solution innovante permet de rafraîchir gratuitement et naturellement les bâtiments.

Des architectes chargés de construire une école dans la province de Kerman, en Iran, ont trouvé une solution quelque peu originale pour rendre l'atmosphère du bâtiment supportable, sans avoir à pousser la climatisation à son maximum. Le cabinet BMDesign a en effet imaginé un système de vasques, appelé Concave Roof, posées sur les toits afin de récolter le maximum d'eau de pluie et éviter son évaporation. Un vrai défi dans une région où les températures peuvent parfois frôler les 40 degrés.

Les architectes ont cherché à répondre à la problématique de l'aridité de la région, liée à l'assèchement progressif du lac d'Ourmia, une des plus grandes réserves d'eau du Moyen-Orient. «Des milliers d'agriculteurs perdent leur emploi et la ville est presque obligée de rationner l'eau potable. Nous sommes sur le point d'assister à un grand déplacement de personnes», explique l'un des architectes.

Pour faire face à cette catastrophe écologique majeure, ces derniers ont donc imaginé un système permettant d'optimiser la récupération d'eau de pluie, tout en favorisant une climatisation naturelle des bâtiments. Le concept est simple: la vasque posée sur le toit agit comme un entonnoir pour récolter, puis stocker, l'eau de pluie. Selon l'architecte, elle est conçue pour que «même la plus petite quantité de pluie ruisselle et puisse former des plus grosses gouttes, qui sont récoltées avant qu'elles ne s'évaporent».

L'équivalent d'une petite piscine d'eau de pluie récupérée tous les ans

Grâce à ce toit très particulier, l'eau de pluie ruisselle ainsi vers un réservoir central situé entre les murs du bâtiment. Ce réservoir caché au sein de la construction permet donc de réguler naturellement la température intérieure, et ainsi de «réduire l'empreinte carbone du système de climatisation qui est indispensable dans un environnement aussi sec».

Le cabinet d'architectes estime à 28 mètres cubes la quantité d'eau de pluie qui pourrait être récupérée avec seulement 923 mètres carrés de toit. La vasque en forme d'entonnoir a également un autre avantage: sa forme arrondie projette en effet de l'ombre sur le toit et permet au vent de circuler, ce qui évite la surchauffe des salles situées en dessous.

Enfin, les concepteurs se sont inspirés de l'architecture traditionnelle perse pour contribuer à rafraîchir naturellement l'édifice. L'école contiendra en effet des «tours attrape-vent». Ces tours, présentes dans l'architecture du pays depuis des siècles, servent à diriger l'air frais extérieur au sein du bâtiment. Cette solution ingénieuse permettra donc de rafraîchir les salles de classe, les bureaux ainsi que la bibliothèque.

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  • dotcom1 il y a 7 mois

    Pourquoi construire une école s'ils s'attendent à un déplacement massif de population? Cet architecte ferait mieux de refuser de prendre l'argent de la municipalité inutilement.

  • M4579728 il y a 7 mois

    Les anciens maîtrisaient déjà beaucoup de technologies alors qu'il n'y avait pas d'ordinateurs ni de matériaux modernes. Ils avaient la sagesse d'utiliser ce que la Nature leur mettait à disposition sans la détruire. N'oublions pas que nous n'avons pas de planète de rechange, économisons la !!!