En Grèce, les médias se mettent en quête de bonnes nouvelles

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Où trouver des cours de biologie gratuits à Athènes, apprendre à surmonter son stress, ou découvrir les propriétés thérapeutiques et injustement méconnues de la carpe biologique'Dans un pays à genoux, où les gros titres des journaux égrènent jour après jour la prochaine catastrophe qui va s'abattre sur les Grecs, réduction salariale, suppression de prestation sociale ou hausse d'impôt, certains Grecs se mettent désespérément à chercher des actualités positives, et tournent le dos aux infos classiques.La tendance a commencé sur les sites internet il y a environ un an, mais les grands médias s'y mettent aussi.Skai, l'une des principales chaînes de télévision, appartenant au même groupe que le grand quotidien Kathimerini, met désormais un point d'honneur à terminer chaque édition du journal télévisé du soir sur une note positive. Tantôt une récente découverte médicale tantôt un sujet animal insolite.Le groupe audiovisuel public ERT a, lui, lancé sur les ondes "Réservoir", deux heures heureuses d'une émission radio hebdomadaire, durant lesquelles l'animateur Yiannis Daras s'ingénie à faire oublier les lois journalistiques selon lesquelles la presse ne s'intéresse qu'aux trains qui n'arrivent pas à l'heure ou au "poids des mots et au choc des photos"."J'ai toujours pensé que les bonnes nouvelles, c'est un sujet porteur" dit Yiannis Daras, 28 ans."Ce n'est pas tâche facile, car les grands médias en Grèce ne s'intéressent qu'à la politique et à l'économie", dans un pays menacé quasi-quotidiennement depuis trois ans de banqueroute du jour au lendemain."Les gens sont fatigués et déçus, ils ne savent plus de quoi demain sera fait" dit-il à l'AFP. "Mais, derrière toute cette rouille, on trouve de l'or" estime-t-il."Des esprits jeunes, brillants, des scientifiques, travaillent pour la solidarité, des gens coopèrent, réfléchissent et inventent" une nouvelle société, dit-il.Selon l'animateur, "Réservoir" doit, comme son nom l'indique, être rempli chaque semaine "d'émotions, d'initiatives, et d'innovations" qui seraient sinon aspirées par le pessimisme ambiant dû à la crise. Son auditoire est composé de "fanatiques" qui inondent le site internet de l'émission de messages et d'appels.Dans les rues d'Athènes, des passants interviewés par l'AFP confirment la tendance."Les gens ne peuvent pas survivre sans un peu de positif et d'espoir de voir des jours meilleurs arriver" dit Maris Vizeryiannaki, une comptable de 46 ans au chômage."C'est bien d'avoir quelques bonnes nouvelles et pas seulement la litanie des mauvaises. Nous devenons si tristes à force d'entendre toutes nos misères" ajoute Eddie Keivan, une étudiante de 17 ans.La Grèce qui achève en 2012 sa cinquième année consécutive de récession devrait connaître en 2013 encore un PIB négatif, portant le total de la chute du PIB à plus de 20% depuis le début de la crise, ce qui s'apparente à la grande dépression des années trente.Des milliers d'entreprises ont fermé leurs portes, le chômage touche un quart de la population active et un tiers des moins de 30 ans. Les groupes de média ne sont pas épargnés par la crise, imposant des baisses drastiques de salaires à leurs salariés.Employée d'un de ces groupes sinistrés, Kyriakides, pour animer le site olakala.gr (tout va bien), Thalia Spiliopoulou se félicite pourtant de l'audience qu'elle recueille, plus de 7.000 visiteurs par mois."Nous voulons chercher des notes d'optimisme" dit-elle, en mettant en ligne un article sur une race très rare de papillon aux ailes transparentes. "Des histoires qui font qu'on se sent bien après les avoir lues".

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