En Grande-Bretagne, le secteur public défile contre la retraite à 66 ans

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Environ 600.000 fonctionnaire devraient manifester jeudi contre le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite.

De notre correspondant à Londres

Le premier ministre britannique David Cameron fait face jeudi à sa première grande journée de grève dans le secteur public en opposition à la réforme des retraites. Environ 600.000 fonctionnaires dont une majorité d'enseignants et des membres de la police des frontières devraient suivre le mouvement, provoquant la fermeture de milliers d'écoles dans le pays et d'importantes perturbations dans les aéroports.

Les syndicats de la fonction publique protestent contre le passage de l'âge de la retraite pour tous les fonctionnaires à 66 ans d'ici à 2020 (il était déjà de 65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes) et contre l'augmentation des prélèvements pour les pensions.

«Il s'agira du mouvement social le plus important depuis la grève ­générale» de 1926, a promis Dave Prentis, le secrétaire général d'Unison, le plus important syndicat de la fonction publique. Le pays ne sera sûrement pas immobilisé comme lors de la grande grève des mineurs de 1926 puisque les arrêts de travail ne dureront que vingt-quatre heures et ne seront pas prolongeables. En revanche, le sujet des retraites mobilise tous les enseignants. À tel point que pour la première fois en 127 ans d'existence, le syndicat modéré de l'association des professeurs et enseignants du supérieur (ATL), qui compte des nombreux cotisants dans les écoles privées du Royaume-Uni, a appelé ses membres à participer à un arrêt de travail au niveau national.

800.000 nouveaux fonctionnaires sous Blair

Lors de la séance des questions au premier ministre mercredi à la Chambre des communes, David Cameron a estimé «qu'il n'y avait aucune justification à faire la grève car les négociations sont encore en cours avec les syndicats.» Mais les discussions de dernière minute qui se sont tenues lundi à Whitehall avec les représentants syndicaux ont été très loin d'aboutir. Le chancelier de l'Échiquier George Osborne n'est absolument pas prêt à lâcher du lest sur une réforme qu'il qualifie d'indispensable pour remettre à l'équilibre le régime des retraites, plombé par le recrutement de 800.000 nouveaux fonctionnaires sous Tony Blair. Le ministère des Finances a estimé à 10 milliards de livres (11 milliards d'euros) le coût pour les contribuables d'un report de la réforme des retraites.

L'austérité est, en effet, le mot d'ordre de la coalition menée par les conservateurs avec les libéraux démocrates depuis l'année dernière. Le but que s'est fixé David Cameron avec le soutien du vice-premier ministre Nick Clegg est d'éliminer la presque totalité du déficit public d'ici à 2015, en faisant 81 milliards de livres d'économies budgétaires sur la période. La réduction drastique des dé­penses publiques s'accompagne d'un gel des salaires de deux ans et par la suppression de plus de 300.000 emplois dans la fonction publique. Le principal syndicat de fonctionnaires, Unison, n'a pas rejoint le mouvement social de jeudi, pour des raisons de procédure mais a promis une mobilisation sans faille de ses 1,2 million de membres à partir de juillet et à l'automne prochain si le gouvernement ne faisait pas de concession.

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