En France, le social s'invite à la sortie de l'iPhone 5

le
1

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Des huées, une banderole, des policiers en uniforme : la sortie en France de l'iPhone 5 d'Apple s'est déroulée dans une ambiance particulière qui n'a pas dissuadé, les fans, nombreux, de la marque à la pomme, de faire la queue pendant plusieurs heures pour acheter le précieux appareil.

Le syndicat Sud a choisi le premier jour de commercialisation du dernier né des téléphones portables de la firme de Cupertino pour appeler à un rassemblement devant un Apple Store parisien afin de protester contre les conditions de travail dans les boutiques du géant américain.

Des salariés qui ont perdu leur emploi à la suite de la fermeture d'un revendeur de produits Apple, ont également choisi ce jour symbolique pour faire entendre leur voix.

"Apple, les chômeurs sont dans la rue !", scandaient les salariés de la société eBizcuss, propriétaire de ICGL le plus gros réseau de revendeurs Apple en France, qui a été placée en liquidation judiciaire le 19 juillet dernier.

Arborant une longue banderole blanche déroulée juste en face de l'entrée du magasin Apple Opéra à Paris, ils étaient une vingtaine à s'être rassemblés pour l'ouverture des portes de la boutique à 8h00, tenus à distance par des barrières de sécurité et un petit nombre de policiers.

"Nous avons implanté Apple en France il y a 30 ans et aujourd'hui ils nous tuent à petit feu, ils nous étranglent, avec leur politique d'ouverture d'Apple Store", a expliqué à Reuters Patricia Allouche, porte-parole des salariés d'eBizcuss.

Les salariés de magasins parisiens d'Apple n'étaient quant à eux qu'une petite poignée en tout début de matinée à s'être rassemblés à l'initiative du syndicat Sud dont l'appel à la grève n'a pas été suivi par les autres syndicats.

L'organisation, qui représente environ 25% des salariés des magasins parisiens, réclame notamment des primes, des accords d'intéressement ou encore des fontaines à eau dans les magasins.

ADDICTION

"On voudrait avoir tout ce qu'ont les autres salariés de grandes entreprises françaises", a déclaré à des journalistes Thomas Bordage, délégué syndical de Sud.

"Nous, tout ce qu'on a c'est un mail de remerciement de Tim Cook (NDLR. le directeur général d'Apple) qui nous dit qu'on est formidables", a-t-il ajouté.

En dépit de ce contexte particulier, de longues files d'attente se sont formées comme à chaque nouveau lancement d'un téléphone Apple devant les boutiques de la société.

Ils étaient ainsi environ 500 devant l'Apple Store Opéra, un chiffre à peu près similaire au lancement précédent, dont certains avaient pris position dès jeudi soir pour être certains d'être en bonne place dans la queue.

"J'attends le dernier iPhone justement parce que c'est le dernier, j'ai déjà tous les autres. Il y a une sorte d'addiction avec les produits Apple", explique Cédric Castan, un agent d'assurance de 39 ans.

"C'est très excitant. Il y a beaucoup de gens, tout le monde parle avec tout le monde. Je recommande à chacun de vivre cette expérience", raconte François Ogé, un étudiant de 17 ans, même s'il regrette le contexte particulier de cette année, "qui gâche un peu la fête".

L'iPhone 5 est commercialisé ce vendredi aux Etats-Unis et dans les grands marchés européens (France, Allemagne et Royaume-Uni) avant une sortie dans le reste du monde le 28 septembre.

Apple a annoncé en début de semaine avoir enregistré plus de deux millions de précommandes en l'espace de 24 heures pour l'appareil, qui a signé ainsi le démarrage le plus rapide de toute la gamme des iPhone.

édité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • q2lamrd le vendredi 21 sept 2012 à 10:53

    Ces files, ça démontre jusqu'où peut aller la co....nerie générale... la fausse urgence, la vraie addiction. Mais l'addiction, commme n'importe quelle autre tare d'ailleurs, n'est elle pas une mode aujoud'hui, un signe d'appartenance à ce qui s'auto proclame aujourd'hui la "génération des dégénérés" ?