En France, 3,6 millions de personnes sont mal logées, et ça s'aggrave

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RTimages/shutterstock.com
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(AFP) - La situation du logement s'aggrave "sur tous les fronts" en France où 3,6 millions de personnes sont mal ou non logées, dénonce dans son 18e rapport la Fondation Abbé Pierre.

"Les nouvelles sur le front du logement ne sont pas bonnes. Nous assistons à une dégradation sur tous les fronts", a résumé vendredi Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation dont le rapport a été dévoilé vendredi devant la ministre du Logement Cécile Duflot après une présentation à François Hollande jeudi.

Selon la Fondation, 685.000 personnes sont dépourvues de logement personnel en France (dont 133.000 sans domicile fixe), mais au total 3,6 millions sont "non ou mal logées" et plus de 5 millions sont "fragilisées" par la crise du logement.

La crise entamée en 2008-2009 continue de produire "des effets particulièrement inquiétants". En ce qui concerne les locataires, "les impayés progressent" et de "nouveaux records" ont été atteints pour les expulsions (113.000 en 2011).

Les familles s'adaptent au prix de "toujours plus de renoncements, avec une gymnastique budgétaire qui ne tient plus", souligne Christophe Robert. En 2011, plus de 6 millions de ménages ont bénéficié d'une aide au logement, le "niveau le plus élevé" depuis la création de ces aides.

"Zones rurales"

Face à cette situation et aux risques d'expulsions à quelques semaines de la fin de la trêve hivernale, Cécile Duflot a fait valoir deux leviers: son projet de garantie universelle pour les loyers impayés et la circulaire prise en octobre pour empêcher l'expulsion sans solution de relogement des familles reconnues comme prioritaires Dalo (Droit au logement opposable).

La garantie loyers impayés "sera une bonne réponse à la prévention des expulsions», car "le meilleur moyen de les éviter c'est d'intervenir dès le premier mois d'impayé", a déclaré Mme Duflot.

La ministre a été interpellée par une mère de famille, Fatiha Berrandane, qui vit avec ses trois enfants dans une chambre de 9 m2 et qui sera à la rue dans un mois: "J'ai deux solutions, me suicider ou laisser mes enfants."

Pour les sans domicile, la Fondation observe que l'augmentation des appels au 115 "se manifeste dans des territoires jusqu'à présent épargnés, y compris dans les zones rurales".

Les logements inconfortables ou surpeuplés ne sont pas l'apanage de Paris et des grandes villes chères. "De façon inattendue", c'est dans les grandes villes à prix bas que le mal-logement est le plus présent, concernant près de 4 ménages sur 10.

L'explosion du nombre de familles monoparentales (1,7 million) génère de nouvelles difficultés, auxquelles répondent mal les politiques publiques.

Ainsi Perrine, 30 ans, qui vit dans un logement social avec ses trois enfants en garde alternée. Dans le calcul des aides, ses enfants sont pris en compte pour son ex-conjoint et elle ne reçoit que 72 euros d'APL. Impossible de garder son 4 pièces, avec 770 euros le loyer pour un salaire de 1.138 euros.

En attendant la loi-cadre sur le logement et l'urbanisme prévue en juin, la Fondation salue l'encadrement des loyers à la relocation, le passage de 20 à 25% de logements sociaux par commune dans la loi SRU, ainsi que la cession de terrains publics pour en construire.

Mais pour atteindre 500.000 logements construits par an, dont 150.000 logements sociaux, comme préconisés dans le "Contrat social" signé par le candidat Hollande, l'État devra mettre plus la main à la poche, insiste la Fondation.

"Nous avons les moyens de réaliser les 150.000 logements sociaux" par an, a affirmé la ministre du Logement.

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  • M3155433 le lundi 4 fév 2013 à 11:30

    Ben moi je comprends pas gorssou:si l'état veut sur-protéger les locataires mauvais payeurs, qu'il assure et rembourse le bailleur,qd on lui interdit de reprendre son logement ! Dans le meme cas :Les CDD ne seraient pas un probleme

  • zerathef le lundi 4 fév 2013 à 11:23

    Ce problème va continuer à s'aggraver : de plus en plus de séparations et un appauvrissement général du pays. En effet le ninveau général de compétences baisse rapidement générant en autre chômage endémique en forte hausse + ralentissement marqué de l'activité.

  • supersum le lundi 4 fév 2013 à 09:57

    S'il y avait un peu moins d'allocs braguette, ce problème disparaitrait, seulement faut un appartement pour la femme et les gosses, un appartement pour le mari et les allocs qui vont avec, dans une société ou on pleurniche sur leur sort, oh les pauvre mère seule, quel courage.

  • M720531 le dimanche 3 fév 2013 à 22:55

    Un français qui travaille et qui épargne est un imbécile. Un français qui fait des enfants, vit d'allocations, de trafics et de travail au noir est un petit futé. Le plus malin de tous est tout de même celui qui vit d'une prébende et d'un salaire garanti à vie, accessoirement de petites enveloppes, pour faire simplement acte de présence. Cherchez l'erreur.....

  • M362321 le dimanche 3 fév 2013 à 18:51

    1 million de personnes venant de l'extérieur depuis 5 ans, si on les refuse, on solutionne ce problème. Donc on veut l'avoir ce problème ... fin du débat.

  • frk987 le dimanche 3 fév 2013 à 18:25

    Dans l'immeuble où j'habite il y avait en moyenne 4 occupants par appartement dans les années 60, il y en a 1,0001 par appartement aujourd'hui. Problème sans solution..............Il n' y a plus que des personnes seules, on ne va pas construire 60 millions de logements !!!!

  • chnivet le dimanche 3 fév 2013 à 18:14

    Il faudrait avoir de vrais chiffres . Évolution des personnes mal logées depuis 10 ans .Évolution des constructions . On ne veut plus faire de barre . Mais en 70 les barres c'était considéré comme un grand progrès social .Elle n'étaient pas dégradées et les gens était content .Maintenant si loger les gens c'est leur faire un T3 dans un immeuble de 5 étages ça va couter beaucoup plus cher .

  • M6860185 le dimanche 3 fév 2013 à 17:25

    "L'explosion du nombre de familles monoparentales (1,7 million) génère de nouvelles difficultés, auxquelles répondent mal les politiques publiques". c'est fantastique à lire, c'est aux politiques publiques de gérer ce problème!. je fais des enfants, je me tire et l'Etat va gérer. Super.

  • supersum le dimanche 3 fév 2013 à 16:39

    Cette année +2% d'inflation +2% de CSG, loyer bloqué à moins de 2% de revalorisation par l'INSEE, une rentabilité insolente tres loin de vos 4 à5% Bose et qui feront d'ici quelque temps les bailleurs une espèce en voie de disparition

  • Bose le dimanche 3 fév 2013 à 12:37

    La faute est au gouvernement, qui n'ont pas su freiner, les hausses de loyer depuis 2008.Cela a fait boule de neige, les banques prêtaient à n'importe qui, et les prix des maisons et appartements se sont mis a flamber plus de 100%.A partir de là ont attend une rentabilité de 4 à 5 % sur les loyers.