En France, 3,5 millions de personnes sont mal-logées ou sans-abri

le , mis à jour à 15:01
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INFOGRAPHIE - Le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre sur «l’État du mal-logement en France» dévoilé aujourd’hui entend remettre les mal-logés au cœur du débat public. Et préconise de continuer les efforts entrepris.

La Fondation Abbé Pierre présente aujourd’hui son 20e rapport sur le mal-logement en France et son état actuel. L’occasion de faire un retour sur les 20 années écoulées et ce qui a été fait. Si l’on regarde attentivement ces deux dernières décennies, on remarque que beaucoup d’initiatives ont été prises, par des élus de tous bords. Plusieurs dizaines de chantiers qui n’ont pas tous eu le même impact. On peut par exemple citer la loi Dalo, création du «logement d’abord», la loi SRU qui a imposé une meilleure répartition des logements sociaux...

«Depuis 1989, le chemin parcouru est considérable mais ces avancées sont mises en péril par l’affaiblissement des mécanismes de redistribution, la précarisation de pans entiers de la société et la hausse des prix de l’immobilier», peut-on lire dans ce rapport. Malgré les tentatives de résolutions donc, la crise du logement persiste. Pourquoi? Parce que plusieurs grands «verrous» n’ont toujours pas été rompus, selon la fondation Abbé Pierre, qui précise ne pas chercher ou à «pointer du doigt un quelconque bouc-émissaire», mais simplement à identifier ces «verrous».

Parmi eux, la méconnaissance des besoins réels en matière de logement est considérée comme la base du problème. Ensuite, un blocage financier et idéologique, lié à une critique des dépenses publiques régulièrement jugées superflues voire contre-productives. Enfin, le rapport pointe du doigt les rapports de forces qui traversent le monde du logement, et contribuent à marginaliser les plus fragiles. «Les dispositifs d’aide ne sont plus adaptés et se sont engorgés», explique Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation.

Les propositions de la fondation contre le mal-logement

En 2012, c’est pas moins de 141.500 personnes qui étaient sans domicile en France métropolitaine, soit une progression de 44% en onze ans. Une personne sans abri sur deux déclare avoir quitté son dernier logement depuis plus de deux ans. Une proportion qui a augmenté de 10 points entre 2001 et 2012, ce qui montre la difficulté persistante à se reloger. Au total, c’est environ 3,5 millions de personnes qui sont ou mal-logés ou sans abri en France, un chiffre qui était déjà cité dans le rapport de l’année dernière.

Pour sortir de l’impasse, la Fondation Abbé Pierre propose de se baser sur le «Contrat social pour une nouvelle politique du logement», qu’elle avait publié en 2012. Celui-ci avait été signé par François Hollande. Les propositions de la Fondation Abbé Pierre ne pourront avoir d’impact, elle en est consciente, «sans un volontarisme politique fort.»

Elle estime nécessaire de relancer la construction de logements neufs alors que les mises en chantiers sont tombées sous la barre des 300.000 logements. Pour la Fondation, ces logements neufs sont indispensables pour répondre au dynamisme démographique français et à la pénurie de logements. Ils doivent correspondre à la demande, d’un point de vue géographique et social, avec des prix suffisamment abordables, en particulier dans les zones tendues. «Un objectif qui doit s’accompagner d’une action pour libérer le foncier constructible et réguler les marchés immobiliers, en particulier les loyers du parc privé», précise le rapport. Dernière préconisation de la Fondation: s’appuyer sur une gouvernance locale de l’urbanisme et du logement cohérente.

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  • slivo le mardi 3 fév 2015 à 10:09

    "...le nombre d'étrangers résidant en France avec une carte de séjour était, en 2012, de 2,5 millions...". Pb facile à régler.

  • gevrais3 le mardi 3 fév 2015 à 10:04

    Voir Duflot grande responsable !!

  • noterb1 le mardi 3 fév 2015 à 09:55

    quand les revenus stagnent ou ...disparaissent ! quand on ne construit pas de HLM mais qu'on donne des milliards à des propriétaires privés qui tirent profit de leurs acquisitions faites grâce aux largesses de l'état on ne peut pas s'attendre à ce que les gens puissent se loger convenablement .