" En Europe, les valorisations et les rendements des actions sont très séduisants"

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(NEWSManagers.com) - Bernard Aybran, directeur de la multigestion chez Invesco Asset Management


Le responsable de la multigestion d'Invesco AM revient sur les raisons de la crise des marchés financiers et fait le point, notamment, sur les classes d'actifs les plus affectées. A ce propos, Bernard Aybran note que les marchés d'actions de la zone euro présentent désormais beaucoup d'intérêt, tant en termes de valorisations que de rendements. D'où la reconstitution de positions sur les marchés d'actions via des futures sur l'indice Eurostoxx 50 et des arbitrages au profit des petites et moyennes capitalisations.

Newsmanagers : La crise de cet été était-elle prévisible ?

Bernard Aybran : Il y a un an, le retour de l'inflation dans l'économie et la façon de s'en protéger faisaient débat. De nombreux signes laissaient plutôt anticiper une période de déflation. Les deux événements se sont finalement réalisés. Il y a bien eu pression inflationniste sur les matières premières et sur les biens et services dans des pays émergents en Asie, en Russie et au Brésil. En Europe et aux Etats-Unis également, une hausse des prix de l'énergie a été constatée mais l'inflation " core" est restée calme. Il n'empêche. Les forces inflationnistes sur les prix de l'énergie ont eu une incidence déflationniste en ponctionnant nettement le budget des ménages. Sachant qu'il n'y a pas eu d'effet " deuxième tour" sur les salaires.

Nous sommes entrés dans une période de désendettement des ménages, qui ne peut être qu' une période longue. Les entreprises de leur côté se sont déjà mises en ordre de bataille. Il reste aux Etats à en faire de même, ce que l'on constate désormais, et ce qui leur retire de facto toute possibilité de réamorcer la pompe par l'intermédiaire de plans de relance?

NM : Aujourd'hui, quels événements pourraient, selon vous, avoir un impact positif sur l'économie mondiale ?
B.A. : Notons tout d'abord que les économistes ne parlaient pas de " double dip" avant l'été. Aujourd'hui, pour la plupart, ils en parlent mais affirment qu'ils n'y croient pas. Pour revenir à votre question, honnêtement, si l'on peut admettre qu'une nouvelle période de " quantitative easing" aux Etats-Unis ou une baisse des taux décidée par une grande banque centrale, que ce soit la Fed ou la BCE seraient sans doute appréciées des marchés, il est probable que ces mesures n'auront que peu de conséquences sur la consommation des ménages. En ce qui concerne les décisions politiques, elles semblent se décider en fonction de ce qui se passe sur les marchés et aucun signal durable n'est à retenir. D'une façon très concrète, à brève échéance, une source plus probable d' embellie pourrait se trouver dans la publication d'une statistique positive, comme la variation des stocks en Allemagne par exemple.

NM : Les marchés émergents peuvent-ils en dépit de cela contribuer à soutenir l'économie mondiale ?

B.A. : Certains pays émergents combattent des tensions inflationnistes mais, pour le reste, l'activité dans ces pays est bonne. La Chine ne peut sauver le monde car sa consommation est faible en poids. Pour autant, la croissance de la consommation intérieure dans les émergents constitue une bonne nouvelle pour des pays structurellement exportateurs comme l'Allemagne par exemple dont on connait le poids dans la zone euro.

NM : En termes de classes d'actifs, compte tenu de l'ampleur de la correction des marchés d'actions cet été, y a-t-il eu des dommages collatéraux et à l'inverse des actifs qui en ont profité ?

B.A. : Si l'on excepte naturellement les actions, les obligations à haut rendement ont connu de façon très brutale une forte chute alors que le taux de défaut de cette classe d'actifs est très faible et que les rendements moyens sont de l'ordre de 9 %. Les obligations corporate n'ont pas été épargnées non plus, ni les obligations indexées sur l'inflation. A l'inverse, la dette émergente, incluant majoritairement de la dette souveraine mais aussi corporate, s'est bien tenue. Et pour notre part, nous gérons également un fonds d'allocation ? Invesco Balanced-Risk Allocation Fund ? qui, composé de produits très liquides tels que le Bund, le Gilt, le S&P mais aussi l'or en suivant une gestion quantitative avec des poches de risques, se comporte très bien. Depuis le début de l'année (au 25 août), ce fonds progresse de 10,2 % et, entre juillet et août, a réalisé une performance de 7 %.

NM : Et actuellement, quelle stratégie menez-vous ?

B.A. : Actuellement, nous reconstituons notamment des positions sur les marchés d'actions de la zone euro via des futures sur l'indice Eurostoxx 50. Nous partons du constat que la chute en août, sur un mois, a été trop forte. Le marché doit rebondir. En outre, toujours sur l'Europe, les valorisations sont désormais attrayantes et les rendements sont devenus mécaniquement très séduisants.

Ces dernières semaines, nous avons également " échangé" la présence de gérants " globaux" dans nos portefeuilles multigestionnaires au profit de gérants affichant un biais " petites et moyennes capitalisations" . Non seulement parce qu'elles sont présentes sur le marché intérieur européen, ce qui est préférable aux grandes valeurs exposées à l'international, mais aussi parce qu'elles ont été injustement malmenées. En outre, les indices reflètent mal le comportement de certaines d'entre elles. Par ailleurs, nous n'avons pas renforcé nos positions sur les obligations à haut rendement car nous pensons que les actions offrent plus d'opportunités en la matière compte tenu de la chute des valorisations.
Enfin, en matière d'obligations, et compte tenu de la construction des indices obligataires qui sont composés avant tout des plus importants émetteurs de titres d'Etat comme l'Italie, la recherche de la sécurité doit conduire à souscrire un produit ? opposé ! De fait, nous avons souscrit depuis quelque temps des contrats sur les obligations allemandes (Bund).

NM : Quelles conséquences sur les ménages peut-on attendre de la crise ?

B.A. : Disons qu'il est probable que nos concitoyens vont continuer à bouder les marchés boursiers. Et ce phénomène ne va épargner personne. Même les flux des ménages américains et britanniques sont de moins en moins orientés vers les actions. Quant aux investisseurs institutionnels, la tendance à long terme n'est pas favorable à cette classe d'actifs, et les réglementations non plus d'ailleurs?


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  • squal72 le vendredi 9 sept 2011 à 12:21

    Qui va aller metter son pognon sur des actions qui ne font que baissées !!!!
    Moi le premier, je ne mets plus un Kopeck sur ces merdes !!!!